La crise nippone: des effets à court terme déjà intégrés par le marché

Les récents évènements intervenus au Japon, 3ème puissance mondiale, ont incité les analystes actions à déterminer les éventuels impacts sur chaque secteur via des expositions directes ou indirectes à différents horizons. A court terme, le PIB national japonais pourrait chuter (certains secteurs y sont corrélés comme par exemple l’Aéronautique) en attendant une reprise liée à la reconstruction de l’environnement économique nippon. Ce dernier point pourrait avoir un impact positif (ou tout au moins compenser les effets négatifs de la crise) dans certains secteurs comme les Mines & Métaux.
Les entreprises européennes n’ont qu’une faible exposition au Japon, généralement inférieure à 5% de leurs chiffres d’affaires. Parmi les thèmes principaux, on notera :…


Cross Asset Investment strategie –Amundi Asset Management / Mensuel – Avril 2011


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– Surestimation du potentiel protecteur de la demande des Etats-Unis et de la Chine. Certaines sociétés européennes ont observé un impact direct de la crise nippone sur leurs chiffres d’affaires. Par exemple, le Luxe, secteur le plus affecté, a enregistré une performance boursière négative d’environ 9% lors de la première semaine de cotation post-tremblement de terre. Néanmoins, les sociétés exposées au marché japonais ont récemment communiqué sur des perspectives plus rassurantes et bien moins dégradées par rapport aux anticipations initiales très pessimistes des investisseurs. Elles s’appuient sur le fait que la très forte demande issue notamment des Etats-Unis et de la Chine pourrait compenser la baisse de chiffre d’affaires réalisé au Japon. Selon nous, les entreprises minimisent les éventuels effets négatifs induits par ce choc. C’est pourquoi Amundi a adopté une opinion neutre sur le Luxe, sans être pour
autant négatif.

– Dislocation des chaînes de production. D’autres secteurs, notamment les Semiconducteurs, vont également pâtir de leur très forte dépendance vis-à-vis des fournisseurs japonais. Ces derniers seront perturbés dans leur cycle de production par des coupures d’électricité pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois/trimestres. A titre illustratif, le Japon représente 15% de la production mondiale dans le secteur de l’Electronique. C’est également un acteur majeur, mais dans une moindre proportion, dans le secteur de la Chimie (notamment pour les produits à destination de la pétrochimie et de l’agriculture).

– Pénurie. Certaines entreprises européennes vont probablement subir une érosion de leurs marges au 1er semestre du fait des impacts immédiats mentionnés précédemment. Dans les cas extrêmes, il existe une pénurie de certains composants électroniques (dans l’industrie automobile, par exemple). Des problèmes d’alimentation de chaînes de production vont perturber les secteurs de la Technologie, Téléphonie, Chimie, Automobile… mais pour l’instant ce ne sont, dans l’esprit des investisseurs, que des décalages de chiffre d’affaires : il n’existe pas encore de scénario de perte de chiffre d’affaires au titre de l’exercice 2011. Peugeot a communiqué le premier sur ce risque, il est probable que d’autres acteurs européens soient affectés à court terme. Les effets néfastes liés aux problèmes d’approvisionnement des sociétés européennes par les producteurs japonais ne pourront être évalués pleinement que lorsque les stocks existants de composants électroniques arriveront à épuisement, c’est-à-dire d’ici un à deux mois.

– Prise de recul de la part des investisseurs. A contrario et en réponse à la probable remise en question de l’utilisation de l’énergie nucléaire civile, nous avons déjà observé un renchérissement des prix de l’Energie (charbon +10%, gaz +7%, CO2 +10%) suite à la perte de 10 à 11 MW de capacité de génération nucléaire au Japon. Dans la première semaine post-crise nippone, le marché a réagi à la baisse en fonction : 1) de la sensibilité des différents secteurs d’activité à l’exposition japonaise (très forte sous-performance relative du Luxe et de l’Assurance par exemple) ; 2) de la surreprésentation du poids du Japon dans certaines industries (sous-performance des Equipements Médicaux, de l’Automobile, de la Pharmacie, des Services Informatiques et des Equipements Télécoms). Dans un second temps, les investisseurs ont eu une approche plus constructive, en considérant que les problèmes générés par la crise nippone n’étaient que temporaires (surperformance des Semi-conducteurs, des Services Informatiques, de l’Automobile, du Luxe etc.). Cette vision optimiste, qui suppose qu’il n’y aura pas (ou très peu) de perte de chiffre d’affaires pour les sociétés européennes liée à la crise nippone, semble devoir perdurer à court terme.


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Directeur de la publication : Pascal Blanqué

Rédacteur en chef : Philippe Ithurbide

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