ETF en assurance-vie : fonctionnement, avantages, limites

ETF en assurance-vie : fonctionnement, avantages, limites

L’assurance-vie est la troisième grande enveloppe permettant d’investir en ETF en France, aux côtés du PEA et du compte-titres ordinaire. Les ETF y sont accessibles en tant qu’unités de compte (UC), avec un cadre fiscal et successoral spécifique qui la distingue nettement des deux autres enveloppes.

Pour situer l’assurance-vie face aux deux autres enveloppes : Fiscalité des ETF en France : PEA, CTO, assurance-vie comparés.

Comment les ETF sont-ils accessibles en assurance-vie

Un contrat d’assurance-vie multisupport propose deux grandes familles de supports : le fonds en euros, à capital garanti par l’assureur, et les unités de compte, dont la valeur évolue avec les marchés financiers, sans garantie en capital. Les ETF figurent parmi les unités de compte disponibles, aux côtés d’OPCVM classiques, de titres vifs (selon les contrats) et de supports immobiliers (SCPI, SCI).

Le choix des ETF disponibles dépend entièrement de la politique de sélection de l’assureur ou du courtier qui commercialise le contrat. Contrairement au compte-titres, où tout ETF coté est accessible, l’univers d’investissement en assurance-vie se limite à une liste de supports référencés, dont l’étendue varie fortement d’un contrat à l’autre — certains contrats en ligne référencent plusieurs centaines d’ETF, d’autres contrats bancaires plus classiques n’en proposent qu’une sélection restreinte.

Fiscalité des ETF en assurance-vie

Tant qu’aucun rachat n’est effectué, les gains générés par les ETF en unités de compte s’accumulent au sein du contrat sans imposition annuelle. La fiscalité ne s’applique qu’au moment d’un retrait, sur la part de gains contenue dans ce retrait.

Ancienneté du contratRégime fiscal applicable aux gains retirés
Moins de 8 ansFlat tax de 30 % (12,8 % IR + 17,2 % PS), ou barème progressif sur option
8 ans et plusAbattement annuel de 4 600 € (seul) ou 9 200 € (couple), puis 7,5 % d’IR (12,8 % au-delà de 150 000 € de versements nets), + 17,2 % de PS

La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a explicitement exclu l’assurance-vie de la hausse générale des prélèvements sociaux : le taux reste fixé à 17,2 %, contre 18,6 % pour le PEA et le compte-titres.

Arbitrages internes : un avantage fiscal souvent sous-estimé

Réorienter son épargne entre différentes unités de compte, ou entre unités de compte et fonds en euros, au sein du même contrat, constitue un arbitrage et non un retrait. Cette opération ne déclenche aucune fiscalité, contrairement à une vente d’ETF sur un CTO. Un investisseur peut ainsi ajuster son allocation entre différents ETF au fil du temps sans frottement fiscal, tant que les sommes restent dans le contrat.

Avantages successoraux

L’assurance-vie bénéficie d’un régime successoral distinct du droit commun applicable au PEA et au CTO. Pour les primes versées avant l’âge de 70 ans, chaque bénéficiaire désigné dans la clause bénéficiaire profite d’un abattement de 152 500 € sur les capitaux transmis à son décès, en application de l’article 990 I du Code général des impôts. Ce mécanisme fait de l’assurance-vie un outil couramment utilisé pour organiser la transmission d’un patrimoine investi en ETF sur le long terme.

Limites à connaître

  • Univers d’investissement restreint à la liste des ETF référencés par l’assureur, sans commune mesure avec les milliers d’ETF cotés accessibles via un CTO.
  • Frais de gestion du contrat, prélevés en plus du TER de l’ETF, qui réduisent la performance nette et varient significativement selon les assureurs.
  • Absence de garantie en capital sur les unités de compte, y compris celles investies en ETF.
  • Délai de traitement des ordres d’achat, de vente et d’arbitrage généralement plus long que sur un compte-titres, où l’exécution est quasi instantanée en Bourse.

Assurance-vie, PEA ou CTO : dans quel ordre les utiliser

Ces trois enveloppes ne sont pas exclusives. Une approche courante consiste à utiliser le PEA en priorité pour les ETF éligibles détenus à long terme, à recourir au CTO pour les ETF non éligibles au PEA, et à mobiliser l’assurance-vie pour l’horizon très long terme et les objectifs de transmission, en particulier au-delà du plafond de versement du PEA.

Pour l’enveloppe la plus utilisée à court et moyen terme : ETF et PEA : fonctionnement et éligibilité.

FAQ

Peut-on acheter n’importe quel ETF dans une assurance-vie ?

Non, seulement les unités de compte référencées par l’assureur au sein du contrat.

Les ETF en unités de compte comportent-ils une garantie en capital ?

Non, contrairement au fonds en euros, leur valeur évolue avec les marchés sans garantie.

Quels frais s’ajoutent aux frais de l’ETF dans une assurance-vie ?

Des frais de gestion annuels prélevés par l’assureur, et parfois des frais sur versement, en plus du TER de l’ETF.

Peut-on arbitrer entre ETF et fonds en euros sans fiscalité ?

Oui, un arbitrage interne au contrat ne déclenche aucune imposition, contrairement à un retrait.

L’assurance-vie est-elle avantageuse pour la transmission d’un portefeuille d’ETF ?

Oui, grâce à l’abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans.

Article à visée pédagogique, sans caractère de conseil en investissement ou en assurance personnalisé. Les taux, abattements et seuils indiqués sont ceux en vigueur au 1er janvier 2026 et peuvent évoluer : vérifiez les conditions actuelles auprès de votre assureur.


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