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Exoé – Trump, Ormuz, Wall Street : quand les marchés applaudissent le chaos

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Exoé  – Donald Trump l’a encore démontré : en 2026, les marchés financiers ne réagissent plus aux événements. Ils réagissent à Donald Trump.

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Par Fidel Martin, Président d’Exoé


Alors que le président américain a soufflé tour à tour le chaud et le froid sur l’Iran, évoquant des frappes puis leur suspension au gré des négociations, Wall Street a choisi son camp : celui de l’euphorie. En quelques heures, les principaux indices américains se sont envolés après l’annonce du report des frappes, tandis que le pétrole reculait et que les investisseurs retrouvaient leur appétit pour le risque.

Cette réaction en dit long sur notre époque.

Nous sommes entrés dans une économie où la géopolitique n’est plus seulement un facteur de risque ; elle est devenue un actif spéculatif. Un tweet, une déclaration depuis le Bureau ovale ou une menace de frappes militaires peuvent aujourd’hui déplacer davantage de capitaux qu’un indicateur économique majeur.

Le cas du détroit d’Ormuz est emblématique.

Cette étroite bande maritime concentre près d’un quart des flux pétroliers mondiaux. Chaque menace de fermeture fait trembler les marchés de l’énergie, les banques centrales et les gouvernements. Pourtant, ces dernières semaines, les investisseurs semblent avoir développé une conviction troublante : Donald Trump ne crée pas l’incertitude, il la monétise.

Le scénario paraît désormais connu. L’escalade fait monter la peur. La peur fait monter le pétrole. Puis vient l’annonce surprise, la négociation de dernière minute, l’accord « historique » promis par le président américain. Les cours du pétrole retombent, les actions repartent à la hausse et les investisseurs encaissent.

Le paradoxe est saisissant.

Dans un monde rationnel, la perspective d’un conflit impliquant l’Iran, les États-Unis et l’une des routes énergétiques les plus stratégiques de la planète devrait provoquer une fuite vers les actifs refuges. Aujourd’hui, elle nourrit au contraire une forme de spéculation permanente sur la capacité de Donald Trump à transformer chaque crise en opportunité politique et financière.

Cette situation révèle une mutation profonde des marchés.

Pendant des décennies, les investisseurs cherchaient à évaluer la santé des entreprises, les perspectives de croissance ou les politiques monétaires. Désormais, ils doivent aussi anticiper les réactions d’un dirigeant dont les annonces peuvent modifier instantanément les prix du pétrole, des devises, des actions ou des obligations.

Le risque n’est plus seulement économique. Il est devenu comportemental.

Car lorsque les marchés commencent à considérer les crises géopolitiques comme des épisodes temporaires destinés à être rapidement corrigés par une intervention présidentielle, ils sous-estiment mécaniquement les risques réels. Le jour où l’escalade ne sera plus un levier de négociation mais une réalité militaire, le réveil pourrait être brutal.

L’histoire économique nous enseigne que les marchés détestent l’incertitude. Celle de 2026 raconte exactement l’inverse : ils semblent désormais l’adorer, à condition qu’elle soit signée Trump.

Mais une question demeure.

Combien de temps peut-on bâtir des records boursiers sur une poudrière géopolitique ?

Car le détroit d’Ormuz reste le détroit d’Ormuz. L’Iran reste l’Iran. Et les lois fondamentales de l’économie n’ont jamais été suspendues par un post sur les réseaux sociaux.

Source : ETFWorld.fr


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