Après la chute de Lehman Brothers, les couronnes norvégienne et suédoise se sont dépréciées de 20% par rapport à l’euro en l’espace de quelques mois. Elles ont notamment été pénalisées en raison de leurs étroites relations économiques avec les pays d’Europe de l’Est. Leur très forte stabilité avec l’euro s’est rompue et elles ont connu des fluctuations contre la monnaie européenne jamais observées depuis la création de celle-ci. Maintenant qu’elles ont retrouvé leurs niveaux d’avant-crise, se retrouvant ainsi surévaluées en termes de parité des pouvoirs d’achat, il est naturel de s’interroger sur leur direction dans les mois à venir……..
Cross Asset Investment strategie –Amundi Asset Management
Mensuel – Juin 2011
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Plusieurs éléments permettent de penser que l’appréciation des devises nordiques face à l’euro devrait se poursuivre. D’un point de vue fondamental, la Norvège et de la Suède connaissent de larges et récurrents excédents courants depuis de nombreuses années (environ 13,5% du PIB pour la Norvège en 2010 et 6% pour la Suède) ce qui, toutes choses égales par ailleurs, plaide pour une appréciation réelle et significative de leurs devises. En particulier, de vastes gisements pétroliers situés en Mer du Nord procurent d’importants revenus d’exportation à la Norvège (12ème producteur mondial de pétrole), ainsi une nouvelle hausse des cours du Brent devrait bénéficier à la couronne norvégienne. Cette relation entre cours du Brent et couronne norvégienne, souvent jouée par les cambistes, s’avère toutefois très instable à travers le temps.
La conjoncture économique de ces deux pays est très favorable et constitue un facteur supplémentaire d’appréciation de leurs devises. Le chômage est à un niveau faible (Norvège) ou en décroissance rapide (Suède). Les chiffres de la croissance suédoise sont même bien meilleurs qu’en Allemagne dont les performances économiques sont pourtant très solides. Et cela devrait se poursuivre dans les trimestres à venir. L’une comme l’autre,la Norvège et la Suède sont des partenaires économiques privilégiés de l’Allemagne et bénéficient de sa bonne santé. De plus, en ces temps de crise de la dette souveraine en zone euro, il est intéressant de noter que ni la Norvège ni la Suède ne sont confrontées à des difficultés de finances publiques, accumulant au contraire des excédents budgétaires. Dans ces conditions, ces deux pays ont engagé leurs resserrements monétaires bien avant la BCE. Si la hausse des taux est très graduelle en Norvège, la banque centrale suédoise a déjà augmenté six fois ses taux depuis juillet 2010 (le taux directeur passant de 0,25% à 1,75%) et devrait continuer à ce rythme au moins jusqu’au début de 2012 selon ses propres projections. En effet, l’inflation en Suède (3,3% en glissement annuel en avril) est désormais au-dessus du haut de la fourchette d’inflation ciblée par la Riskbank (de 1 à 3%) et l’inflation sous-jacente devrait continuer à se redresser compte tenu de la vigueur de la croissance. En revanche, les pressions inflationnistes sont plus limitées en Norvège (inflation à 1,3% en avril pour une cible à environ 2,5%).
Indépendamment des fondamentaux économiques, il est intéressant de noter que lors des dernières grandes phases de dépréciation de l’euro par rapport au dollar (en particulier au printemps 2010), les devises nordiques se sont moins dépréciées par rapport au dollar que la monnaie européenne. Elles pourraient donc s’avérer protectrices en cas d’aggravation de la crise de la dette souveraine en zone euro.
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Rédacteur en chef : Philippe Ithurbide
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