Quel devrait être l’impact de la catastrophe japonaise sur l’économie mondiale ?

En se limitant aux conséquences économiques, le coût de la crise japonaise devrait dépasser 200 Mds $. Pour calibrer cette estimation, le tremblement de terre de Kobé – à l’origine de 6000 victimes – est souvent pris comme référentiel. En 1995, les dommages causés s’étaient élevés à 2,5% du PIB selon le FMI. La production industrielle s’était contractée sur le seul mois de janvier, avant de rebondir lors des trois mois suivants, grâce aux efforts de reconstruction et à la forte demande de biens durables notamment….


Cross Asset Investment strategie –Amundi Asset Management / Mensuel – Avril 2011


Document à usage professionnel exclusif


Enregistrez-vous pour le Newsletter sur les ETF et ETC
Cliquez ici pour recevoir votre copie gratuitement


Cette fois-ci, le séisme a été d’une magnitude plus élevée (8,9 contre 7,2), conjuguant un tsunami et un accident nucléaire. Le nombre de victimes est nettement plus important (supérieur à 20 000) et la crise n’est toujours pas endiguée du fait de la menace radioactive. L’économie japonaise étant suspendue à la reprise d’activité, il convient de
connaître l’issue de la situation nucléaire à Fukushima pour déterminer le réel impact sur le Japon. Si ce dernier peut encore être difficilement quantifié, les éventuelles conséquences sur la croissance mondiale semblent en revanche plutôt circonscrites car le Japon ne constitue plus un moteur de croissance dans le monde.

La contribution du Japon à la croissance mondiale ne s’est élevée qu’à 0,1% en moyenne lors des dix dernières années (pour un total de 3,6%). Les spirales déflationnistes qui s’y sont développées, suite à l’éclatement des bulles sur les marchés financiers et immobiliers, ont lourdement pesé sur le dynamisme de la demande interne. Le Japon a alors affiché structurellement un solde extérieur largement excédentaire, offrant peu de débouchés nets à ses partenaires commerciaux. Cela n’a pas empêché les pays émergents de la zone Asie de connaître une forte expansion. Aussi tragique soit-elle sur le plan humain, la catastrophe japonaise ne devrait donc pas avoir un impact marqué sur la croissance mondiale.

Quel devrait être l’impact de la catastrophe japonaise sur l’économie mondiale ?

Le Japon demeure néanmoins un maillon essentiel dans la chaîne productive mondiale. Ce pays, 3ème puissance économique, produit 6% du PIB de la planète (en PPA) et est présent dans 4,5% des échanges mondiaux.

Le drame du 11 mars implique alors la dest ruct ion d’ inf rast ructures pour de nombreux secteurs d’activités. De plus, ce pays reste une économie de pointe pour l’innovation. Les exportations japonaises sont constituées de 20% de machines, 14% d’équipements de bureau et de télécommunications et 25% de matériel de transport. Les secteurs de l’automobile et de l’électronique semblent ainsi particulièrement exposés à des perturbations dans leur circuit productif, même si l’impact total dépend également du degré de substituabilité de la production vers d’autres unités. Enfin, la crise japonaise devrait affecter les pays exportateurs de matières premières dont les produits sont utilisés par l’appareil productif japonais (combustibles et produits des industries extractives représentent 34% des importations japonaises).

Pour l’économie mondiale, la catastrophe japonaise constitue au final davantage un choc d’offre qu’un choc de demande. Des effets subséquents peuvent également se faire ressentir dans la sphère financière. Comme le Japon affiche un excédent commercial structurel, il a accumulé de larges réserves (1 062 Mds $ fin 2010) et se trouve être aujourd’hui le créancier de nombreux pays. Le contexte domestique déflationniste a conduit les investisseurs nippons à orienter leurs capitaux vers des zones à plus forte croissance, offrant des rendements plus élevés. Le séisme peut a contrario nécessiter le rapatriement de capitaux pour permettre l’indemnisation des victimes et le financement de la reconstruction. Ce n’est pas notre scénario central (voir section précédente), mais si cela arrive, cela peut impliquer des tensions sur un certain nombre d’actifs : appréciation du yen, vente de titres étrangers… Le Japon détient notamment 800 Mds $ de treasuries américains. Pour enrayer les pressions haussières sur le yen, les principales banques centrales sont déjà intervenues conjointement. Lors des prochains mois, les investisseurs devront être particulièrement attentifs aux flux de capitaux japonais, car le canal financier constitue certainement une des voies de transmission majeures de la crise japonaise vers l’économie mondiale.


Disclaimer

Directeur de la publication : Pascal Blanqué

Rédacteur en chef : Philippe Ithurbide

Cette publication ne peut être reproduite, en totalité ou en partie, ou communiquée à des tiers sans notre autorisation. Édité par Amundi – Société anonyme au capital de 578 002 350 euros – Siège social : 90, boulevard Pasteur, 75015 Paris – Société de gestion de portefeuille agréée par l’AMF n°GP 04000036 – 437 574 452 RCS Paris.

Les informations figurant dans cette publication ne visent pas à être distribuées ni utilisées par toute personne ou entité dans un pays ou une juridiction où cette distribution ou utilisation serait contraire aux dispositions légales ou réglementaires, ou qui imposerait à Amundi ou ses sociétés affiliées de se conformer aux obligations d’enregistrement de ces pays.

La totalité des produits ou services peut ne pas être enregistrée ou autorisée dans tous les pays ou disponible pour tous les clients. Les données et informations figurant dans cette publication sont fournies à titre d’information uniquement. Aucune information contenue dans cette publication ne constitue une offre ou une sollicitation par un membre quelconque du groupe Amundi de fournir un conseil ou un service d’investissement ou pour acheter ou vendre des instruments financiers. Les informations contenues dans cette publication sont basées sur des sources que nous considérons fiables, mais nous ne garantissons pas qu’elles soient exactes, complètes, valides ou à propos et ne doivent pas être considérées comme telles à quelque fin que ce soit.


Newsletter
J'ai lu la politique de Privacy
et j'autorise le traitement de mes données personnelles aux fins qui y sont indiquées.