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UBS France Weekly : Gestion active, saisir les opportunités au-delà des indices


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UBS France Weekly  :  Début 2026, la gestion passive a définitivement dépassé la gestion active sur les actions américaines, avec 19,4 trillions de dollars d’encours pour les fonds indiciels et ETF américains, contre 16,0 trillions pour les fonds actifs.

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par Claudia Panseri, Chief Investment Officer, UBS WM France, UBS Europe SE, Succursale de France


À l’échelle mondiale, la part de marché des fonds passifs est passée de 40 % à 43 %, accélérant une tendance de long terme portée par des coûts plus faibles et des performances régulières.

La domination des méga-capitalisations et l’effet amplificateur de la gestion passive.

Au cours des dix dernières années, la progression desméga-capitalisations a largement dominé les marchés actions américains.
La capitalisation boursière des «Sept Magnifiques » dépasse désormais 21000 milliards de dollars, contre environ 2 000 milliards il y a dix ans : leur valeur a ainsi été multipliée par dix et ils représentent aujourd’hui plus d’un tiers de la capitalisation totale du S&P 500 (33 %). L’essor de la gestion passive a accentué cette dynamique : les flux vers les indices pondérés par la capitalisation ont mécaniquement renforcé le poids des plus grandes entreprises, consolidant leur position dominante.

Mais la dynamique évolue. Cette année, seules quatre des « Sept Magnifiques » affichent une performance positive, tandis que les autres sont en repli depuis le début de l’année (Fig.1). Par ailleurs, la volatilité des titres individuels s’est nettement accrue : en mai, la volatilité implicite moyenne d’une action du S&P 500 atteignait 42 %, soit 2,4 fois celle de l’indice (contre un ratio habituel de 2,0x). De plus, la corrélation moyenne entre les titres du S&P 500 est tombée à 0,13 sur les trois derniers mois, proche de son plus bas depuis 2018, traduisant une évolution très indépendante des actions entre elles.

Naviguer dans des marchés moins efficients ou plus volatils.

En période de forte volatilité et de dispersion accrue des marchés — lorsque l’écart de performance entre les meilleures et les moins bonnes valeurs s’élargit — les stratégies actions actives peuvent prendre l’avantage sur la gestion indicielle. Elles tirent parti de la volatilité accrue des titres individuels et de l’incertitude économique, tout en maîtrisant le risque global du portefeuille.

La gestion active tend à obtenir de meilleures performances sur les marchés moins efficients, tels que les petites capitalisations ou les marchés émergents. Dans ces segments, les asymétries d’information et les contraintes de liquidité offrent aux gestionnaires expérimentés la possibilité d’identifier et d’exploiter des anomalies de valorisation.

En période de croissance régulière et de faible volatilité, les stratégies passives offrent une exposition efficace à la performance globale du marché. En revanche, lorsque l’aversion au risque progresse et que la volatilité s’intensifie, les gestionnaires actifs peuvent adapter leurs portefeuilles de manière dynamique, en sélectionnant soigneusement les titres et en mettant en place des couvertures tactiques pour protéger le capital et générer des revenus.

Le critère du coût ne suffit pas à trancher entre gestion active et gestion passive.

Si la gestion passive permet d’accéder aux marchés à moindre coût, se focaliser uniquement sur les frais peut conduire les investisseurs à négliger la performance potentielle et à prendre des risques non maîtrisés. Les stratégies actives peuvent justifier leurs coûts par la génération d’alpha, en particulier sur des marchés très dispersés ou volatils. L’analyse du tracking error (mesure la volatilité de l’écart de performance entre un portefeuille et son indice de référence) et du degré de recouvrement (pourcentage du portefeuille identique à l’indice de référence) avec les indices passifs constitue un bon point de départ pour apprécier leur potentiel de surperformance. Dans les secteurs de niche ou émergents, la valeur ajoutée des gestionnaires actifs peut s’avérer encore plus significative. La structure segmentée des marchés et les biais comportementaux des investisseurs favorisent l’apparition d’inefficiences que les gérants actifs peuvent exploiter. En élargissant les mandats d’investissement et en diversifiant les classes d’actifs, la gestion active accroît son potentiel de création de valeur, notamment sur des segments moins efficients comme le crédit d’entreprise ou la dette émergente.

Construire un portefeuille robuste.

Nous pensons qu’un portefeuille résilient repose sur un équilibre entre gestion active et gestion passive. Si les fonds passifs offrent une exposition large au marché et une efficacité en termes de coûts, les gestionnaires actifs peuvent apporter une valeur ajoutée par la sélection des titres, la gestion des risques et le positionnement tactique. La gestion active ne consiste pas à rejeter la gestion passive, mais à la compléter. Dans un environnement marqué par une dispersion croissante, une évolution de l’appétit pour le risque et des inefficiences persistantes, la gestion active peut offrir la flexibilité, la compétence et l’adaptabilité nécessaires pour naviguer l’incertitude et capter la valeur à long terme. Le bon équilibre entre outils actifs et passifs — adapté aux objectifs individuels et aux conditions de marché — reste la clé d’un investissement réussi.

Quelles implications pour les investisseurs?

Après une décennie marquée par la prédominance de la gestion passive, la faible corrélation entre les titres souligne l’importance d’une construction de portefeuille active. Pour tirer parti de ce contexte, nous considérons que nos trois thématiques d’innovation transformationnelle (TRIO) offrent une solution pertinent : elles permettent d’investir dès aujourd’hui dans les futurs leaders des marchés.
L’histoire démontre que l’innovation fait émerger de nouveaux champions et favorise l’apparition de nouveaux secteurs. À chaque révolution, de nouveaux leaders émergent : aucune entreprise ne conserve durablement sa position dominante. Identifier les futurs gagnants nécessite une approche active et sélective.

Source: ETFWorld.fr


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