SPDR Strategy Espresso : Les actions japonaises ont relativement bien résisté au cours des quatre premiers mois de l’année, en particulier si l’on considère la performance en devise local…
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SPDR / Strategy Espresso
Antoine Lesné, Responsable de la Recherche et de la Stratégie de SPDR
car la forte baisse du yen a profité aux entreprises japonaises cycliques, orientées vers l’exportation et souvent internationales, renforçant leur compétitivité ou améliorant directement leurs bénéfices libellés en devise locale.
L’inflation extrêmement faible a permis à la Banque du Japon de rester accommodante, maintenant les rendements à un niveau bas et soutenant ainsi la valorisation des actions déjà peu chères. Dans le même temps, les mesures budgétaires adoptées au pays du soleil levant offrent, à l’économie réelle, une protection contre la hausse des prix des matières premières.
Au cours des quatre premiers mois de 2022, les actions japonaises libellées en yen, ont offert un certain degré de protection face à la dégradation du contexte géopolitique et économique. Elles ont enregistré une baisse de 4,2% 1 « seulement » comparativement au net recul subi par le MSCI World (libellé en USD) qui a atteint les –13%.
Plusieurs raisons expliquent cette performance relativement vigoureuse des titres libellés en devise locale. La cause première en est l’inflation – ou, pour être plus précis, l’absence d’inflation. Alors que les prix à la consommation augmentent de manière
conséquente dans les pays développés, l’inflation au Japon (mesurée par l’IPC) devrait se stabiliser autour de 2 % en 2022, selon les économistes de State Street Global Advisors2 .
La faible inflation sur les prix à la consommation permet ainsi à la Banque du Japon de rester accommodante, et de ne pas avoir à adopter de mesures restrictives telles celles amorcées un peu partout dans le monde par ses homologues. En conséquence, les rendements y restent extrêmement bas sur l’ensemble de la courbe, les obligations d’État japonaises à 10 ans ne « rapportant » que 0,22 % 3 , bien loin des 3% environ des Bons du Trésor américain. Elles restent également en deçà des 0,94% générés par le taux du Bund allemand à 10 ans.
La faiblesse des rendements est un facteur de soutien supplémentaire aux valorisations déjà peu chères, avec un PER à 12,4×4 à 12 mois, ce qui offre un généreux rendement de près de 8,1%. La politique budgétaire est également favorable, avec un budget record de 107 600 milliards de yens (936 milliards de dollars) 5 approuvé en début d’année : les dépenses programmées en soutien à l’économie ont été initiés afin de la soulager du poids que représente la hausse des prix des matières premières pour tous les acteurs.
La divergence de l’approche monétaire de la Banque du Japon, notamment par rapport à la politique monétaire adoptée par la Réserve fédérale américaine (Fed), a entraîné une forte dépréciation du yen. Le cours du Yen a dépassé les 130 contre le dollar américain en avril, un niveau jamais atteint en deux décennies. Il va sans dire que les investisseurs qui ont décidé de couvrir leur exposition au yen s’en sont bien mieux sortis puisque, exprimé en USD, le MSCI Japon a perdu 14,8 % depuis le début de l’année.
Il est intéressant de noter que lorsque la Fed a relevé ses taux de 50 points de base le 4 mai (comme prévu), le yen est resté stable, ce qui pourrait suggérer que les hausses de taux américains d’un demi–point sont déjà largement pricées dans le taux de change. Toutefois, les investisseurs qui considèrent qu’il s’agit d’une courte pause, plutôt que de la fin de la tendance à l’affaiblissement du yen, pourraient préférer opter pour une exposition couverte contre le risque de change.

Jouer les devises reste une arme à double tranchant. Mais nous pensons que, pour le MSCI Japan, un yen faible peut être plus bénéfique que néfaste, car 47 % des revenus (sur la base de la capitalisation boursière des entreprises inclues dans l’indice) générés par les entreprises représentées dans l’indice sont dégagés par des entreprises non japonaises. Bien que les prix élevés des matières premières pèsent, dans une certaine mesure, sur le coût des intrants, la faiblesse d’une monnaie améliore la compétitivité des exportateurs. Les entreprises qui recourent à des contrats libellés en USD sont particulièrement bien positionnées, bénéficiant déjà d’un avantage en termes de chiffre d’affaires, tandis que les entreprises internationales générant une partie de leurs revenus et supportant des coûts en devises étrangères, bénéficient d’un rapatriement de leurs profits lorsqu’ils sont convertis en yen.

Face à la faiblesse du yen et des rendements, ainsi qu’aux valorisations peu élevées et à l’économie mondiale qui retrouve le chemin d’une certaine « normalité » après le COVID, le MSCI Japan, cyclique et en lien direct avec les exportations, semble donc constituer une destination intéressante.
Comment se positionner sur ce thème ?
Les investisseurs qui souhaitent accéder aux actions japonaises peuvent le faire grâce aux ETFs SPDR.
– ETF SPDR MSCI Japan UCITS
– ETF SPDR MSCI Japan EUR Hdg UCITS
– ETF SPDR MSCI Japan Climate Paris Aligned UCITS
1 Source : Bloomberg Finance L.P., au 29 avril 2022.
2 Source : State Street Global Advisors au 11 mars 2022.
3 Source : Bloomberg Finance L.P., au 29 avril 2022.
4 Source : Bloomberg Finance L.P., State Street Global Advisors au 29 avril 2022.
5 Source : Reuters au 29 avril 2022.
Source: ETFWordl.fr
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