SPDR Strategy Espresso : Les récentes hausses des rendements des bons au Trésor et du dollar américains ont une fois de plus pesé sur la dette émergente.
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SPDR / Strategy Espresso
Antoine Lesné, Responsable de la Recherche et de la Stratégie de SPDR
Toutefois, les perspectives à long terme semblent porteuses pour la classe d’actifs, car le rendement de la dette émergente reste attractif par rapport à celui des marchés développés. De plus, les titres libellés en devises locales sont redevenus bon marché par rapport à ceux en dollar.
L’envolée du billet vert, le changement de posture des banques centrales et l’aversion pour le risque ont contribué à mettre la dette émergente libellée en devises locales sous pression. Si on examine l’indice Bloomberg EM Local Currency Liquid Government, seuls quelques–uns des pays qui le constitue ont enregistré des rendements positifs en septembre, à savoir : la Chine, en raison du ralentissement des indicateurs de croissance intérieure, l’Indonésie, grâce à des spreads de taux déjà importants par rapport aux obligations du Trésor et à une inflation relativement faible, et la Russie, en raison de la flambée des prix du gaz qui est venue soutenir le rouble.
Les craintes persistent autour du fait que le ralentissement progressif des achats d’actifs par la Réserve fédérale (Fed) et, à terme, le relèvement des taux, ne favorisent les actifs libellés en dollar et ne restreignent les flux de capitaux vers la dette émergente. Toutefois, du point de vue des différentiels de rendements, les spreads ont évolué en défaveur du dollar. Le graphique 1 ci–dessous montre la différence de yield–to–worst entre l’indice Bloomberg EM Local Currency Liquid et l’indice Bloomberg US Treasury. On constate un net élargissement du spread à des niveaux jamais vus depuis fin 2016 (hormis le pic enregistré pendant la crise du COVID–19). Stimulé par le resserrement des politiques des banques centrales émergentes, le spread à fin septembre était juste de 5bp en dessous de sa moyenne sur cinq ans.
Graphique 1 : Les écarts de rendement entre les marchés émergents et les obligations du Trésor américain se sont élargis

Source : Bloomberg Finance L.P., données au 30 septembre 2021. Le spread indiqué correspond au rendement de l’indice Bloomberg EM Local Currency Liquid par rapport à l’indice Bloomberg US Treasury.
En mars 2021, les rendements de la dette émergente libellée en devise locale ont été tout aussi négatifs en raison de l’envolée des rendements des bons du Trésor et du dollar américains. Toutefois, cette tendance négative n’a pas perduré. Sur les deux mois suivants, la classe d’actifs a enregistré des rendements positifs grâce au rebond de la devise. D’après le modèle d’évaluation à long terme utilisé par State Street Global Advisors, le dernier rallye du dollar américain l’a amené à un niveau surévalué de + 7,6 % par rapport au panier de devises composant l’indice Bloomberg EM Local Currency Liquid Government. Plusieurs facteurs
pourraient venir initier un rebond des devises des pays émergents : une résolution de la question du plafond de la dette américaine, une Fed plus dovish ou une issue maîtrisée des problèmes d’Evergrande en Chine – pourraient offrir un soutien aux actifs plus risqués.
Comme nous le soulignons également dans un article récent intitulé Emerging Market Debt: Unfulfilled Potential, les marchés de la dette émergente intègrent déjà un degré élevé de resserrement dans la courbe des taux. Les rendements sont actuellement élevés par rapport aux bons du Trésor américain parce que le cycle de resserrement des taux des banques centrales émergentes est déjà avancé. La pente de la partie 0–2 ans de la courbe est revenue à son niveau le plus élevé, ce qui suggère qu’un degré élevé de resserrement des politiques monétaires est déjà pris en compte par le marché. Il se peut que les banques centrales ne valident finalement pas cette hypothèse : la mesure de l’inflation PriceStats® semble s’être stabilisée dans plusieurs pays émergents tels que le Brésil, la Corée du Sud et l’Afrique du Sud.
La croissance mondiale entre dans sa phase de milieu de cycle, l’OCDE prévoyant un ralentissement de 5,7 % en 2021 à 4,5 % en 2022. Cette décélération est importante dans les pays émergents, les mouvements les plus extrêmes étant anticipés en Turquie (qui passerait de 8,4 % à 3,1 %), au Brésil (qui passerait de 5,2 % à 2,3 %) et en Afrique du Sud (qui passerait de 4,6 % à 2,5 %). Le ralentissement de la croissance et le retournement de la dynamique de l’inflation laissent penser que la pression exercée sur les banques centrales émergentes pour qu’elles continuent à durcir leur politique pourrait commencer à s’atténuer. Il convient de noter que, comme l’illustre le graphique 2 sur les douze dernières semaines, la moyenne des banques centrales qui ont relevé leurs taux par rapport à celles qui les ont abaissés a commencé à reculer (aidée en partie pour cela par la récente baisse opérées sur les taux d’intérêt turcs).
Dans l’ensemble, la récente hausse des rendements du Trésor et du dollar américains a, une fois de plus, pesé sur la dette émergente. Toutefois, les perspectives à plus long terme semblent intéressantes pour la classe d’actifs : le rendement de la dette émergente reste attractif par rapport aux marchés développés et les devises émergentes sont de nouveau bon marché par rapport au dollar. Le cycle de relèvement des taux des banques centrales émergentes n’est pas achevé, mais la faiblesse de la croissance et de l’inflation dans ces économies devrait commencer à alléger la pression qui pesait jusqu’alors sur elles, pour un relèvement des taux. Le resserrement des politiques étant déjà largement intégré par les marchés obligataires, l’environnement actuel pourrait même s’avérer favorable à la dette libellée en devise locale.
Graphique 2 : Le rythme des hausses des taux d’intérêt des banques centrales des marchés émergents commence à ralentir.

Source : State Street Global Advisors, Bloomberg Finance L.P., au 30 septembre 2021. Les banques centrales suivies sont celles dont les titres souverains figurent dans l’indice Bloomberg EM Local Currency Liquid : Brésil, Chili, Chine, Colombie, Corée du Sud, Hongrie, Indonésie, Israël, Malaisie, Mexique, Roumanie, Turquie, Pérou, Philippines, Pologne, Russie, Afrique du Sud, Tchèque et Thaïlande.
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Source: ETFWordl.fr
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