GIORNALE5

Point de vue d’expert: Une nouvelle dépréciation de la livre sterling: pas si sûr!

Des pressions baissières persistantes . La liste des arguments pour une nouvelle baisse marquée de la livre sterling est longue : récession sévère, déficit budgétaire proche de 10% du PIB, politique de taux d’intérêt zéro, un secteur bancaire mal en point..

et fortement exposé à l’étranger. La livre ayant cédé 30% depuis le début de la crise, ces éléments apparaissent néanmoins déjà intégrés dans son cours. En outre, l’amélioration du solde extérieur devrait compenser en partie toutes ces pressions baissières. La livre devrait donc continuer à pâtir de « vents contraires », elle restera très volatile mais ne devrait pas connaître une nouvelle dépréciation marquée.

Depuis son plus haut de 2007, le taux de change effectif réel de la livre sterling a baissé de 30%. Comme elle était extrêmement surévaluée, la devise britannique ne semble pas aujourd’hui excessivement « bon marché » ; elle n’a en effet pas encore atteint son dernier point bas d’après la sortie du Mécanisme de change Européen (MCE) en 1992.

Ce sont essentiellement les difficultés du secteur bancaire qui sont responsables de la baisse de la livre. Sa glissade a en effet commencé avec la chute de Northern Rock en septembre 2007. Depuis, elle a suivi pas à pas la déconfiture du secteur bancaire. Trois raison à cela. Premièrement, le secteur financier représente 7% du PIB et emploie (y compris immobilier et services aux entreprises) 6,5 mlns de personnes. Deuxièmement, les ménages britanniques ont le taux d’endettement le plus élevé parmi les pays de l’OCDE et la situation du marché immobilier est une des plus tendue. Et troisièmement, la situation financière des banques est fragile. A titre d’exemple, l’exposition étrangère des banques représente 150% du PIB contre 50% aux Etats-Unis, 70% en Espagne (mais plus de 300% en Islande et en Irlande). Ces divers facteurs devraient se traduire par de nouvelles dépréciations d’actifs et donc peser sur la livre sterling.

Les politiques budgétaires et monétaires sont également défavorables à la livre. Le déficit budgétaire sera proche de 10% du PIB en 2009. D’autre part, après avoir baissé ses taux de 450pb en 6 mois, à 0,5 %, la BoE a décidé de mettre en oeuvre une politique d’assouplissement quantitatif. Ceci va gonfler son bilan et entraîner une hausse de la masse monétaire, des facteurs en théorie négatifs pour la devise.

Mais la situation extérieure offre un soutien

La situation des soldes externes est toutefois moins inquiétante. En effet, après avoir atteint un record de 15 ans à -4,1% fin 2006, le déficit courant a baissé à -2,1% au T3.08.

Comme le montre le graphique ci-dessous, la détérioration de la balance courante entre 2003 et 2007 n’était pas principalement imputable au solde commercial. C’est plutôt le solde des revenus qui en était responsable, car les entrées d’IDE se sont transformées en bénéfices pour les sociétés étrangères, qui les ont rapatriés vers leur pays d’origine. Cependant, puisque la récession rogne les bénéfices des filiales étrangères locales, cette tendance s’est dissipée, donnant lieu à une augmentation du solde des revenus. En outre, les termes de l’échange (rapport prix des exportations/ prix des importations) se sont nettement améliorés depuis 2002. Ceci, associé à la dépréciation de la livre, devrait permettre une embellie de la balance commerciale, une fois que la croissance mondiale se sera redressée.

Enfin, la position extérieure nette du Royaume-Uni – différence entre les actifs étrangers détenus par les résidents et les actifs nationaux détenus par des étrangers – a atteint -10% du PIB au T3.08 – soit trois fois moins qu’à la fin 2006 (-27%). Cette amélioration pourrait renforcer progressivement l’attrait des actifs britanniques et ainsi soutenir la livre.
En résumé, la livre sterling restera très sensible à la santé du secteur bancaire britannique. Comme l’on peut s’attendre à de nouvelles dépréciations d’actifs, elle restera sous pression. Toutefois, ces risques sont en partie contrebalancés par l’amélioration sensible des soldes extérieurs britanniques.

Source: SGAM ETF Newsletter – Yvan Mamalet


Newsletter
J'ai lu la politique de Privacy
et j'autorise le traitement de mes données personnelles aux fins qui y sont indiquées.

Newsletter ETFWorld.fr

J'ai lu la politique de Privacy
et j'autorise le traitement de mes données personnelles aux fins qui y sont indiquées.