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Point de vue d’expert: G20 : la crise ne doit pas faire oublier le long terme !

Créé en 1999 après la crise asiatique, le G20 réunira le 2 avril à Londres les chefs d’Etat et de gouvernement des 20 principales économies, représentant 90 % de la ….

risques qui n’ont pas les mêmes horizons: la déflation et les pertes en capital à court terme et une éventuelle dépréciation de la monnaie fiduciaire à long terme. Nous considérons que le risque de déflation devrait s’amenuiser d’ici la fin de l’année 2009. Le risque d’inflation à long terme est significatif, mais l’or n’offre peut-être pas la meilleure protection.

richesse mondiale. Ce sera aussi la première réunion internationale à laquelle participera le Président Obama et à ce titre les résultats en seront scrutés. Une triple responsabilité incombe au G20 : apporter une réponse à la crise mondiale, améliorer la supervision financière, refonder l’architecture financière internationale. Et si le traitement de la crise focalisera l’attention, les réformes financières de moyen terme ne doivent pas être remisées aux oubliettes.

Répondre à la crise économique

Premier enjeu, les pays du G20 doivent définir des termes communs face à la crise en promouvant des mesures de relance et en combattant les tentations protectionnistes. L’ampleur de la récession et les risques de déflation toujours présents militent pour l’adoption de nouvelles mesures de relance. Pour l’heure, seule la Chine et les Etats-Unis ont pris des mesures vraiment significatives. La plupart des autres pays se sont contentés de plans de relance représentant moins de 2% du PIB, seuil préconisé par le FMI. Même si l’Europe affiche des mesures de relance à hauteur de 3,3% du PIB (EUR 400 Mds) sur deux ans, l’essentiel du soutien à l’activité viendra du jeu des stabilisateurs automatiques. Des mesures plus actives, par la dépense publique, seront sans doute nécessaires. Au rang des préoccupations majeures figure la montée du protectionnisme. L’OMC a annoncé une contraction inédite de 9% du commerce mondial cette année. La tentation est grande pour les pays de mettre en place des mesures protectionnistes afin de protéger leurs marchés ou de favoriser leurs producteurs. Depuis novembre 2008, la Banque Mondiale a ainsi identifié l’adoption de 66 mesures à caractère protectionniste. Ces mesures ont pris la forme de droits de douane majorés ou de normes plus contraignantes. Dans d’autres cas, il s’agit de subventions accrues en matière agricole (Union européenne) ou d’incitations fiscales supplémentaires aux exportateurs (Inde, Chine). La compétition monétaire constitue un autre danger. La dévaluation de la monnaie peut produire les mêmes effets que des mesures protectionnistes, mais de manière moins visible, en abaissant le coût des exportations et en renchérissant le coût des importations. A cet égard, une dévaluation du yuan semble très improbable car la Chine entend se présenter comme un pôle de stabilité et ne pas jouer de l’arme monétaire, pas plus qu’elle ne l’avait fait durant la crise asiatique.

Améliorer la supervision financière

La crise financière a démontré l’inadéquation des outils de supervision micro et macro-financière face à la globalisation des marchés et à l’hétérogénéité des acteurs (banques, compagnies d’assurance, hedge funds…). Un premier volet doit passer par la révision des règles comptables et prudentielles et leur généralisation à l’ensemble des acteurs financiers internationaux. Le principe de « juste valeur » conjugué à l’application des normes prudentielles en matière bancaire (Bâle 2) présente un caractère procyclique qu’il convient de corriger. L’IASB a déjà permis un aménagement des règles d’enregistrement des produits financiers qui apporte opportunément plus de souplesse. Une solution consisterait à promouvoir le provisionnement dynamique, c’est-à-dire la constitution de provisions supplémentaires en haut de cycle qui permettent d’aborder dans de meilleures conditions le creux de cycle. Un second aspect concerne le champ territorial d’application des dispositions réglementaires et comptables. Or, il est essentiel que les pays et les grandes institutions financières soient soumis aux mêmes règles pour des raisons de concurrence mais aussi de stabilité financières. Plusieurs pays n’ont pas encore adopté les normes IFRS, tels les Etats-Unis. Les paradis fiscaux doivent afficher plus de transparence afin de ne plus offrir une échappatoire à la mise en oeuvre de la surveillance prudentielle. Enfin, une des leçons de la crise financière est la nécessité d’une coopération étroite entre la banque centrale et le contrôleur bancaire. La banque centrale est le pourvoyeur quotidien de liquidité mais demeure le prêteur en dernier ressort, garantissant in fine la stabilité financière. En conséquence, la Réserve fédérale comme la BCE devraient recevoir un rôle accru en matière de supervision bancaire et financière.

Refonder l’architecture financière internationale.

A court terme, l’aide aux pays en développement confrontés à de graves déséquilibres des paiements courants est cruciale. Le G20 devrait décider d’un doublement des ressources du FMI à hauteur de USD 500 Mds. Ce sera l’occasion pour les grands pays émergents, principaux contributeurs, de réclamer un rôle accru au sein de l’institution. La récente proposition chinoise d’une monnaie supra-nationale dont la gestion serait confiée à une organisation internationale signale une volonté de contester l’hégémonie du dollar mais aussi de partager davantage les responsabilités au sein du système monétaire international. La formule de John Connally, secrétaire au Trésor américain en 1971 selon laquelle « le dollar est notre monnaie, mais c’est votre problème » apparaît aujourd’hui battue en brèche. La surveillance des politiques de changes a achoppé ces dernières années sur des obstacles politiques et notamment sur le refus de la Chine de reconnaitre la sousévaluation de sa monnaie. Cette mission de surveillance devrait figurer à nouveau parmi les priorités d’un FMI rénové, car les déséquilibres internationaux ont constitué le ferment de la crise financière actuelle. Le G20 a désormais supplanté le G7 comme instance légitime en matière de gouvernance financière internationale. L’urgence de la crise ne doit pas faire oublier la nécessité de remédier aux causes qui l’ont précipitée ou aggravée.


Source: SGAM ETF Newsletter – Xavier Denis


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