Les élections présidentielles françaises de 2017 ont été un moment décisif pour les marchés étant donné que Marine Le Pen, candidate au second tour, avait mené une campagne axée sur la sortie de la France de l’UE.
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Commentaire de Willem Verhagen, économiste senior, Fouad Mehadi, stratégiste senior, et Patrick Moonen (Photo), stratégiste principal chez NN Investment Partners.
Cette année, le second tour du scrutin devrait très probablement voir s’affronter une nouvelle fois le président sortant, Emmanuel Macron, et Marine Le Pen, avec Emmanuel Macron largement pressenti comme vainqueur.Bien que Mme Le Pen ne fasse plus campagne pour un « Frexit », le résultat de cette élection reste d’une grande importance pour l’avenir de l’Europe. En effet, l’objectif de Mme Le Pen reste celui de limiter l’influence de l’UE sur l’élaboration des politiques françaises, alors que Mr Macron, lui, souhaite une intégration européenne plus poussée.
Pour comprendre l’importance de ces points de vue divergents, nous devons garder à l’esprit le fait que l’Europe est actuellement à une croisée des chemins. Deux grandes tendances sont en train de converger : premièrement, l’Union monétaire souffre toujours d’une structure institutionnelle incomplète pour la soutenir ; et deuxièmement, la tendance à la démondialisation. Dans ce contexte, L’Europe va plus largement devoir se débrouiller seule dans divers domaines tels que la géopolitique, la défense, les industries de haute technologie et l’approvisionnement en énergie (verte).
Ces deux tendances nécessitent évidemment une coopération accrue au niveau européen. À court terme, deux questions sont susceptibles d’être importantes à cet égard : la réforme des règles fiscales de l’Union monétaire pour donner plus de place aux investissements publics, mais aussi la question de savoir dans quelle mesure l’emprunt commun, qui est une caractéristique du plan de relance de l’UE, peut devenir un outil plus permanent.
Si nous examinons l’impact potentiel sur les marchés boursiers, une victoire d’Emmanuel Macron représenterait probablement un non-événement, car il s’agit selon le consensus du résultat attendu. Elle pourrait entraîner un soulagement à court terme, mais ne modifierait pas fondamentalement le contexte sous-jacent. En revanche, la victoire d’un candidat d’extrême droite ou d’extrême gauche constituerait un sérieux coup de frein, non seulement pour la France, mais aussi pour l’ensemble du marché actions européen.
À court terme sur les marchés obligataires, nous pourrions assister à un certain élargissement du spread entre les rendements français et allemands à 10 ans, reflétant un risque politique plus élevé. De manière générale, plus l’incertitude est grande quant à l’identité du vainqueur des élections, plus les spreads s’élargissent. Une victoire du président sortant ne devrait pas avoir beaucoup d’impact sur les spreads français et l’effet de contagion positif sur les régions périphériques devrait être très limité. En revanche, la victoire d’un candidat d’extrême droite ou l’augmentation de la probabilité d’une telle victoire pourrait entraîner une réévaluation significative des spreads français mais aussi périphériques, du fait de la résurgence du risque d’une fragmentation de l’Europe.
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