Neuberger Berman : La ruée vers les actifs à risque pourrait durer jusqu’à la fin de l’année, mais les scénarios se compliquent pour la suite.
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Shannon L. Saccocia, CFA, Chief Investment Officer—Private Wealth
Après avoir connu des difficultés à la veille de l’élection américaine de la semaine dernière, les « transactions Trump » sont revenues en force lorsque la victoire de Donald Trump est apparue avec évidence.
Les marchés boursiers ont progressé, en particulier les petites capitalisations, le Japon, l’énergie et les valeurs financières. Le bitcoin a bondi ainsi que le dollar. En revanche, les bons du Trésor américain se sont effondrés.
La semaine dernière, Erik Knutzen et Jeff Blazek avaient estimé que le marché avait déjà largement anticipé cette conséquence et que ces transactions pourraient cesser dans la foulée. Nous continuons à penser que c’est le cas, mais que la ruée actuelle vers les actifs à risque des marchés en développement pourrait durer jusqu’à la fin de l’année.
Dans l’immédiat, le résultat de l’élection donne un coup de pouce important aux petites entreprises, car les dirigeants anticipent une baisse des impôts, une dérégulation et une approche nettement plus favorable aux transactions et aux fusions-acquisitions. Cela devrait maintenir la tendance en faveur des petites entreprises, du private equity, et d’autres valeurs du secteur financier, de la santé, de l’énergie et des cycliques industrielles.
Les incertitudes se maintiennent à l’horizon 2025
Si Donald Trump a obtenu autant de voix, c’est en grande partie lié aux trois années d’inflation élevée qui ont laissé un grand nombre de consommateurs à faibles revenus dans le doute quant à l’économie. La baisse continue de l’inflation est donc l’élément le plus susceptible de générer un regain de confiance des consommateurs, mais des éléments clés du programme politique de Donald Trump, tels que l’augmentation des droits de douane et le durcissement des règles d’immigration, pourraient stopper le recul de l’inflation, voire contribuer à l’accélérer à nouveau.
Un assouplissement de la réglementation pourrait faire contrepoids à la désinflation, ce qui ne serait pas forcément positif pour les marchés actions. Tenter de faire baisser le prix du pétrole et du gaz pour les consommateurs pourrait peser sur les actions du secteur de l’énergie, par exemple. La suppression de certaines mesures de la loi sur la réduction de l’inflation (IRA) – à supposer qu’elle soit soutenue au Congrès par les Républicains dont les électeurs sont bénéficiaires de l’IRA – pourrait compromettre l’investissement dans de nombreuses entreprises et segments de l’industrie. Une nomination comme celle de Robert F. Kennedy Jr. pourrait créer de la volatilité dans le secteur de la santé.
Plus globalement, l’environnement de taux d’intérêt durablement plus élevés tels qu’intégrés par le marché obligataire américain mercredi matin pourrait constituer un facteur défavorable pour les actions en général et pour les méga-capitalisations technologiques non américaines en particulier. En effet, la progression des marchés actions observée au troisième trimestre correspondait aux prévisions d’une accélération des baisses de taux de la part de la Réserve fédérale des Etats-Unis (Fed).
À l’aube de 2025, les investisseurs pourraient se demander si les petites capitalisations, les valeurs boursières et les actions cycliques seront soutenus par un environnement plus favorable au laisser-faire ou s’ils seront freinés par des taux d’inflation et des taux d’intérêt durablement élevés.
Taux limite
Le marché des bons du Trésor en est un bon exemple.
Comme Ashok Bhatia et Brad Tank l’ont écrit il y a deux semaines, nous avions anticipé les élections en pensant que la baisse des taux de la Fed de jeudi dernier serait suivie d’une autre en décembre, puis d’une pause qui n’a pas été anticipée par le marché. Notre équipe Fixed Income maintient ce point de vue. Par ailleurs, le marché a évolué dans ce sens depuis le vote.
Nous estimons que la juste valeur du rendement à 10 ans se situe dans une fourchette large autour de 4,25 %, et bien que le résultat des élections puisse faire légèrement augmenter cette fourchette, un mouvement vers 4,5 % pourrait tester cette limite.
Certains pourraient se demander pourquoi la politique budgétaire de Trump, qui creuse le déficit, empêcherait ce taux limite d’être franchi, compte tenu des inquiétudes croissantes quant à la viabilité de la dette. Nous pensons que toute hausse des rendements observée dans l’immédiat sera principalement due à l’ajustement des prévisions de croissance et d’inflation et à la rotation vers les actifs à risque.
Le Trésor est relativement bien financé jusqu’en 2025, et les détails des politiques fiscales et de dépenses de Trump seront probablement suffisamment imprécis, sujets à des négociations au Congrès et à des effets à long terme pour repousser toute réévaluation substantielle de la prime de terme au début de 2026.
La volatilité qui s’est concentrée jusqu’à présent sur les taux à court terme pourrait se déplacer vers des taux plus élevés l’année prochaine.
La dynamique post-électorale
Dans l’ensemble, nous prévoyons donc une hausse généralisée des risques sur les marchés développés jusqu’à la fin de l’année. Le climat post-électoral est incontestablement « pro-business ».
Toutefois, à mesure que le calendrier avance et que le jour de l’investiture se rapproche, ce sentiment pourrait céder sa place à une réalité plus complexe. Il ne fait aucun doute, à notre avis, que le résultat de cette élection a rendu la perspective de 2025, déjà difficile, encore plus délicate pour la Fed. Ce contexte, conjugué aux tensions complexes liées à la nouvelle stratégie de l’administration Trump en matière d’impôts, de dépenses, de fiscalité, de commerce et de réglementation, est susceptible d’accentuer la dispersion des performances des actions. La gestion passive est peut-être la solution pour l’instant, mais nous pensons que la gestion active sera essentielle l’année prochaine.
Source : ETFWorld.fr
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