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par Joseph V. Amato, President and Chief Investment Officer — Equities
Comme Ashok Bhatia le soulignait la semaine dernière, l’une des prévisions les plus ambitieuses de nos thèmes d’investissement « Solving for 2025 » serait que le nouveau gouvernement américain parvienne à une croissance supérieure à la tendance tout en maîtrisant l’inflation
Lorsque nous avions abordé ces questions en novembre, cette perspective semblait aller à l’encontre du consensus. Deux mois plus tard, ce consensus semble davantage partager nos prévisions de croissance. Cependant, les rendements des bons du Trésor étant à leur plus haut niveau depuis huit mois, nos projections sur l’inflation sont désormais susceptibles de créer la surprise.
Voici pourquoi nous estimons que les craintes actuelles peuvent être exagérées, et en quoi ces perspectives macroéconomiques confirment notre axe stratégique principal pour 2025 : diversifier les sources de performances au-delà des grandes capitalisations technologiques américaines.
Consommateurs confiants
Notre équipe de gestion obligataire prévoit une croissance du PIB réel des États-Unis de 2,3 % cette année, 0,3 % au-dessus du consensus des économistes selon Bloomberg (environ 2,0 %).
Quant aux principales composantes du PIB, nous nous situons près du consensus en ce qui concerne les dépenses publiques (lesquelles devraient diminuer par rapport aux dernières années) et les exportations nettes (où la hausse des droits de douane est compensée par la valeur élevée du dollar). Nos scénarios plus optimistes portent principalement sur le maintien d’une forte consommation, alimentée par des bilans solides, une croissance stable des revenus réels, des conditions financières favorables et une disponibilité stable du crédit. Nous constatons également que l’investissement privé dans l’équipement et la propriété intellectuelle reste élevé.
De nombreux indicateurs signalant un ralentissement de l’économie américaine à la fin de l’été et à l’automne, tels que les indices des directeurs d’achat (PMI) et les demandes d’allocations de chômage, se sont inversés au cours des deux derniers mois. La semaine dernière, l’indice PMI manufacturier a retrouvé son niveau le plus élevé depuis neuf mois, les demandes d’allocations chômage ont atteint leur niveau le plus bas depuis 11 mois, les offres d’emploi ont atteint leur niveau le plus élevé depuis mai et la croissance de l’emploi reste solide. Le nombre d’emplois non agricoles, publié vendredi, a augmenté bien au-delà des prévisions, avec une augmentation nette de 256 000 emplois en décembre.
Progression de la désinflation aux États-Unis
Toutefois, si ces données confirment nos perspectives pour la croissance, elles pourraient remettre en question nos prévisions en matière de désinflation aux États-Unis cette année. Par exemple, les publications de la semaine dernière ont vu la composante « prix payés » de l’indice PMI des services remonter en flèche jusqu’aux niveaux de début 2023. Lors de sa réunion de décembre, la Réserve fédérale américaine (Fed) avait déjà annoncé aux investisseurs une prévision plus optimiste de deux baisses de taux en 2025, mais la semaine dernière, notamment à la suite du discours offensif du président élu sur le commerce et aux chiffres de l’emploi, les marchés se sont rabattus sur l’hypothèse d’une seule baisse de taux.
Nous pensons que l’inflation de base peut passer de 3,3 % à 2,6 % en 2025. Les perspectives en matière de politique commerciale restent un facteur d’incertitude, mais nous pensons que la diminution de la croissance actuelle du secteur automobile contribuera à stabiliser l’inflation de base des biens, que les augmentations récentes et plus lentes des loyers se poursuivront, ce qui devraient amener des signes de ralentissement sur les facteurs à long terme de l’inflation de base des services, tels que le coût de la main-d’œuvre.
Concernant les taux, nous sommes donc davantage en phase avec la Fed qu’avec le marché des contrats à terme, ce qui nous amène à prévoir un taux de 4,5 % pour la juste valeur du rendement à 10 ans aux États-Unis.
Croissance nominale proche de 5 %
Si la croissance est supérieure au consensus, et l’inflation inférieure, soit un taux de croissance nominale légèrement inférieur à 5 %, les marchés boursiers devraient y voir un effet positif. Comme je l’ai écrit après le résultat des élections présidentielles, un environnement politique plus favorable à la croissance, avec moins de contraintes réglementaires et plus d’activités de fusions et acquisitions (en particulier si la politique commerciale s’avère moins inquiétante que la rhétorique actuelle) sera également bénéfique.
Alors que le marché et les économistes semblent moins optimistes que nous en ce qui concerne la croissance et l’inflation aux États-Unis, les analystes boursiers s’attendent à ce que les bénéfices de l’indice S&P 500 augmentent de plus de 14 % en 2025, après avoir progressé de près de 10 % l’année dernière.
Après des performances supérieures à 25 % en 2023 et 2024, de nombreux investisseurs ont toutefois du mal à imaginer une autre année à deux chiffres. Nous partageons cet avis, mais la bonne nouvelle, selon nous, c’est que des performances intéressantes peuvent encore être obtenus en allant au-delà de l’indice S&P 500.
Poursuite de la performance du marché des actions, motivée par les bénéfices et non par l’augmentation des multiples
La performance de l’indice S&P 500 est largement déterminée par la réussite d’une poignée de méga-capitalisations technologiques et d’actions de croissance. Leurs bénéfices ont connu une croissance exceptionnellement rapide au cours des deux dernières années, et nous nous attendons à ce que cette croissance diminue légèrement en 2025. Les multiples de valorisation ont également augmenté, reflétant la croissance des bénéfices déjà réalisée et celle attendue à l’avenir.
Cependant, nous pensons qu’un assouplissement de la réglementation, un regain d’optimisme et une reprise des fusions et acquisitions pourraient être particulièrement favorables à la croissance des bénéfices des petites et moyennes entreprises, ainsi que des entreprises cycliques. Si la croissance économique globale s’accélère comme nous le prévoyons, les investisseurs seront plus enclins à aller au-delà des méga-capitalisations au profit de titres plus petits et plus cycliques, ce qui permettra une convergence des valorisations entre les grandes et les petites capitalisations, un phénomène longtemps attendu. Nous avons également vu des signes de cette rotation lors de la vente synchronisée des actions des méga-capitalisations technologiques et des bons du Trésor américain la semaine dernière.
C’est là que nous voyons le plus grand potentiel de performance du marché des actions en 2025. Certains segments du marché pourraient avoir besoin de se reposer, les multiples s’étirant – et cela pourrait se traduire par des performances moins spectaculaires des indices de grandes capitalisations – mais nous prévoyons un environnement macro favorable pour de nombreuses actions et de nombreux secteurs en dehors d’une poignée de grands noms.
Source : ETFWorld.fr
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