Muzinich & Co. : Le début du mois de juin a été positif pour les actifs ; les obligations d’État ont partiellement inversé le mouvement de vente observé au cours des deux dernières semaines…
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tandis que les marchés du crédit aux entreprises et des actions ont été en territoire positif au cours de la semaine.
Les catalyseurs de la baisse des rendements américains semblent être l’aboutissement des négociations sur le plafond de la dette et les nouvelles indications de plusieurs gouverneurs de la Réserve fédérale selon lesquels une pause dans le cycle des taux est leur option préférée pour le mois de juin. Alors que les chiffres solides sur l’emploi ont conforté les investisseurs dans l’idée qu’un ralentissement économique significatif est peu probable à court terme, les ouvertures d’emplois JOLTS (Job Openings and Labor Turnover Survey) et la masse salariale non agricole (Nonfarm Payrolls) ont toutes deux dépassé de manière convaincante les attentes du consensus.
Dans la zone euro, les réductions de l’inflation ont fait baisser les rendements. L’indice flash des prix à la consommation pour la région est tombé à 6,1 % en glissement annuel, contre 6,3 % attendus, et les prix à la consommation de base, considérés comme préoccupants lors de la réunion de mai de la Banque centrale européenne (BCE), ont baissé pour le deuxième mois consécutif à 5,3 % en glissement annuel, en dessous des prévisions du consensus de 5,5 % en glissement annuel.
En Chine, l’indice officiel des directeurs d’achat du secteur manufacturier a déçu, n’affichant que 48,8. Cet indice mesure la santé des grands fabricants privés et publics et, après s’être contracté (en dessous de 50) pendant deux mois consécutifs, a été un signal fiable pour inciter les autorités chinoises à agir. Cela a peut-être commencé officieusement, étant donné les titres de presse de vendredi selon lesquels les autorités travaillent sur un nouveau ensemble de mesures visant à soutenir le secteur immobilier.¹ L’économie chinoise est devenue déséquilibrée. Les secteurs liés à la réouverture (par exemple, le tourisme, les transports, la restauration) ou bénéficiant du soutien politique actuel (par exemple, les nouvelles énergies, la technologie) surperforment, mais les secteurs clés de l’industrie manufacturière et de l’investissement immobilier continuent de prendre du retard, ce que reflète cet indice. La combinaison d’un éventuel soutien politique en cours de préparation et de nouvelles étonnamment positives de l’indice Caixin des achats manufacturiers (un indice alternatif qui, selon nous, est un meilleur indicateur de la santé des exportateurs chinois, qui a augmenté bien au-delà des attentes du marché pour atteindre 50,9, contre 49,5 en avril), a entraîné une forte hausse des actifs chinois et peut également fournir des preuves favorables que le cycle manufacturier mondial a atteint son point le plus bas.
« Vendre en mai et s’en aller » (« Sell in May and go away ») n’aurait pas pu être plus approprié pour juin 2022 (voir le tableau ci-dessous). Des années de politique monétaire très accommodante, des largesses en matière de politique budgétaire et un choc sur les matières premières ont abouti à amplifier les pressions inflationnistes mondiales, ce qui a incité les banques centrales à agir de manière agressive. En 2022, le FOMC (Federal Open Market Committee) a relevé ses taux de 75 points de base, la plus forte hausse depuis 1994, et la BCE a confirmé un relèvement ses taux en juillet de la même année – pour la première fois depuis dix ans – et qu’elle mettrait un terme à l’assouplissement quantitatif (quantitative easing – QE). C’était la fin de l’argent gratuit ; les investisseurs s’attendaient à une récession brutale et ont paniqué. Douze mois plus tard, le resserrement de la politique des banques centrales est tout sauf terminé, les économistes continuent de repousser la récession imminente de six mois, l’inflation est en baisse et les prix des matières premières se sont normalisés. Qu’est-ce qui pourrait mal se passer ? La plupart des discussions se concentrent sur les sources potentielles d’instabilité financière, qu’il s’agisse de l’immobilier commercial et de ses liens avec les banques régionales qui ont concentré leur exposition sur ces actifs, ou de la Banque du Japon et des attentes du marché selon lesquelles elle pourrait procéder à un ajustement de sa politique au cours des mois d’été (ce qui déstabilise les marchés des obligations d’État car les investisseurs nationaux recyclent l’argent dans le pays). Parmi les risques non quantifiables cités figurent l’aggravation du conflit ukrainien ou une nouvelle souche mortelle de COVID. Mais la réponse la plus simple est peut-être qu’une récession commence finalement sous le poids d’une politique plus stricte, d’une baisse des marges bénéficiaires et d’une contraction de la consommation à mesure que le chômage augmente. Toutefois, il est peu probable que juin 2022 se répète en juin 2023. Si l’on considère l’indice VIX, notre mesure préférée de la volatilité et du sentiment des investisseurs, nous nous trouvons actuellement à des niveaux jamais atteints depuis le début de la crise (voir le graphique de la semaine). Un été ennuyant, ça vous dit ?
Juin 2022

Graphique de la semaine : Les marchés sont calmes, mais pour combien de temps ?

Source : Données de Bloomberg au 2 juin 2023. À des fins d’illustration uniquement.
Source: ETFWorld.fr
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