GSAM : Obligations vertes : quels moteurs de croissance ? L’Europe est depuis longtemps le principal moteur du marché des obligations vertes .
Inscrivez-vous pour recevoir les Newsletters gratuites de ETFWorld.fr
Sous l’impulsion d’ambitieux plans de réduction des émissions de carbone annoncés au sein de l’Union Européenne (UE), nous nous attendons à ce que le marché continue de se développer dans les années à venir. En effet, l’UE prévoit d’émettre jusqu’à 250 milliards d’euros d’obligations vertes d’ici fin 2026 pour financer son programme NextGenerationEU, en soutien au redressement économique (suite à la pandémie) et à la croissance verte[1]. Une émission de cette ampleur ferait de l’UE le plus grand émetteur d’obligations vertes au monde[2].
Nous nous attendons également à ce que la croissance de ce marché s’accélère car les obligations vertes deviennent de plus en plus courantes aux États-Unis, le plus grand marché de titres obligataires au monde. L’expansion du marché américain des obligations vertes connaît cependant une limite, d’une part car elles continuent d’être majoritairement émises par des entreprises et des collectivités locales, et d’autre part parce que l’on ne sait toujours pas si le Trésor se lancera dans l’émission d’obligations vertes à l’avenir.
En Chine, la récente modification des normes sur les obligations vertes permet d’aligner les normes nationales sur les principes mondiaux, d’accroître la transparence et d’alimenter la croissance du marché, les obligations vertes chinoises devenant ainsi plus attrayantes pour les investisseurs internationaux. Sur les marchés émergents, où les émissions se font plus rares, les obligations vertes pourraient permettre aux entreprises et aux gouvernements d’élargir leur base d’investisseurs, notamment durables.
Quelle croissance pour les obligations vertes dans les années à venir ?
Nous anticipons une croissance continue du marché des obligations vertes, sous l’impulsion de trois principaux facteurs, à l’origine de son expansion rapide ces dernières années :
- L’augmentation des émissions pour financer la transition énergétique et faire face aux risques climatiques physiques ;
- La forte demande des investisseurs à la recherche de rendements potentiellement attractifs, tout en contribuant à la transition vers une économie faible en carbone ;
- Et le soutien des régulateurs par la mise en place de primes et de normes encourageant les investissements verts.
La volatilité extraordinaire du marché et la hausse des taux d’intérêt ont empêché certains émetteurs d’accéder aux marchés des capitaux ce qui a ralenti l’offre de nouvelles obligations vertes en 2022, une tendance qui a également été observée sur le marché obligataire plus largement. A l’avenir, les souverains et les entreprises renforçant leurs ambitions environnementales, nous anticipons des émissions d’obligations vertes de l’ordre de 600 milliards d’euros en 2023, ce qui pourrait porter le marché à plus de 2 000 milliards d’euros[3].
Environ 140 pays ont annoncé des objectifs Net Zéro ou envisagent d’en adopter, ce qui couvrirait près de 90 % des émissions mondiales, selon le Climate Action Tracker[4]. Cette augmentation des engagements incitera probablement davantage de pays et d’organisations supranationales à émettre des obligations vertes, un moyen efficace pour canaliser les capitaux vers des projets liés au climat. L’Inde, par exemple, prévoit d’émettre 160 milliards de roupies d’obligations vertes souveraines d’ici fin mars 2023[5].
Les entreprises s’engagent, elles aussi, de plus en plus en faveur du Net Zero. Fin 2021, plus de 2 200 entreprises, représentant 38 000 milliards de dollars de capitalisation boursière, avaient établi des objectifs de réduction des émissions réalisables et fondés sur des données scientifiques afin de s’aligner sur l’Accord de Paris[6]. Les entreprises et les souverains des marchés émergents devraient également contribuer à la croissance du marché des obligations vertes en dollars américains. En 2015, les obligations vertes représentaient 1 % des émissions d’obligations corporate émergentes, une part qui se situe aujourd’hui à 18 %[7].
La demande des investisseurs continuera également à stimuler l’émission d’obligations vertes. Si le resserrement monétaire agressif a mis à mal la demande d’obligations en 2022, un segment du marché obligataire s’est avéré relativement résistant : les fonds ESG. Ce segment, qui comprend les fonds dédiés aux obligations vertes, a vu ses actifs sous gestion augmenter de 3 % depuis fin 2021, tandis que les fonds non ESG ont enregistré une baisse de 3 %[8]. En outre, plus les entreprises et les souverains de secteurs et régions variés émettront des obligations vertes, plus les investisseurs auront d’opportunités, un phénomène qui pourrait davantage stimuler la demande.
Enfin, l’environnement réglementaire, notamment l’amélioration des directives et normes, devrait continuer de stimuler les émissions d’obligations vertes et les investissements dans ce secteur. Outre le renforcement de ses normes en matière d’obligations vertes en 2022, la Chine s’est engagée à développer davantage les énergies renouvelables dans le cadre de son 14ème plan quinquennal. Aux États-Unis, le président Joe Biden a signé l’Inflation Reduction Act en août dernier, incluant environ 386 milliards de dollars pour l’énergie et le climat au cours des 10 prochaines années, avec des incitations fiscales connexes en hausse d’environ 265 milliards de dollars par rapport au taux tendanciel précédent.
Références
- Source : Commission européenne, « Questions et réponses : Première émission d’obligations vertes de NextGenerationEU « , en date du 12 octobre 2021
- Source : Commission européenne, « NextGenerationEU Green Bonds », janvier 2022.
- Source : Goldman Sachs Asset Management et Bloomberg. Les prévisions d’émissions annuelles en 2022 se situent dans une fourchette de 450 à 500 milliards d’euros.
- Source : Goldman Sachs Asset Management et Bloomberg. Ces prévisions supposent une volatilité plus faible du marché en 2023 et intègrent notre estimation des émissions reportées à partir de 2022.
- Source : Climate Action Tracker, » évaluations de l’objectif CAT net zéro », en date de novembre 2022.
- Source : Bloomberg News, « L’Inde a pour objectif de lever 2 milliards de dollars pour ses premières obligations vertes d’ici mars », au 29 septembre 2022.
- Source : Science Based Targets, « Les entreprises qui se sont engagées à réduire leurs émissions conformément à la science climatique représentent désormais 38 000 milliards de dollars au niveau mondial », au 12 mai 2022.
- Source : J.P. Morgan, Bond Radar. Sur la base des émissions depuis le début de l’année, en septembre 2022.
Source: ETFWorld.fr
Newsletter




