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Par Stephen Dover (Photo) , Directeur du Franklin Templeton Institute et Larry Hatheway, responsable des investissements du Franklin Templeton Institute
…Beaucoup d’autres éléments restent cependant incertains. Le président Trump a déclaré publiquement que les États-Unis allaient « gérer » le Venezuela, mais il a fourni peu de détails sur la manière dont cela serait mis en œuvre. Delcy Rodriguez, qui était vice-présidente de Maduro, a prêté serment en tant que présidente par intérim et a déjà exprimé sa forte opposition aux plans américains de « changement de régime ».
La situation reste donc incertaine et devrait probablement demeurer instable.

Néanmoins, certaines implications initiales pour les marchés et les investisseurs méritent d’être soulignées.
- L’intervention américaine n’est pas sans précédent. Le pays possède une longue histoire d’actions dans l’hémisphère occidental et a formellement déclaré ses « intérêts hégémoniques » dans la région dès 1823, avec la doctrine Monroe. Il serait donc, selon nous, incorrect de considérer l’action de ce samedi comme un changement fondamental de la politique étrangère américaine, ou de suggérer que des mesures similaires pourraient être envisagées au Moyen-Orient ou ailleurs.
- L’investissement dans la défense devient plus important. L’administration Trump a renforcé la perception selon laquelle les États-Unis sont prêts à agir unilatéralement et à recourir à la force. D’autres pays, ayant des intérêts territoriaux ailleurs, pourraient être encouragés par l’usage du pouvoir par les États-Unis. Cette action contribuera également, selon toute probabilité, à accroître l’incertitude quant au rôle du dollar comme « valeur refuge », tout en soulevant de nouvelles questions sur la détérioration des piliers institutionnels internationaux. L’action militaire américaine de ce week-end devrait donc renforcer la tendance, déjà bien amorcée, de plusieurs pays à travers le monde à investir davantage dans leur sécurité nationale. Il s’agit là de l’un de nos thèmes d’investissement clés depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
- Impact limité sur l’offre pétrolière à court terme. Compte tenu des incertitudes quant à la manière dont le Venezuela sera gouverné et de l’historique mitigé des États-Unis en matière de « changement de régime » dans les pays pétroliers (par exemple l’Irak ou la Libye), les marchés pétroliers sont peu susceptibles d’anticiper une augmentation rapide de l’offre de pétrole brut en provenance du Venezuela. Le pays possède les plus grandes réserves mondiales de pétrole brut (plus de 300 milliards de barils), mais l’état dégradé de ses infrastructures vieillissantes d’extraction et de transport, ainsi que la faible qualité de son pétrole « lourd », suggèrent que même l’arrivée d’une stabilité politique n’augmentera pas rapidement sa production ou ses exportations de brut (actuellement autour de 1 million de barils par jour, soit environ 1 % de la production mondiale). Un autre facteur à garder à l’esprit est que la majeure partie du pétrole vénézuélien est exportée vers la Chine.
- Impact potentiel plus important sur le marché pétrolier à long terme : une stabilité durable au Venezuela, associée à un éventuel accord de paix en Ukraine, pourrait libérer plus de 5 millions de barils par jour sur les marchés mondiaux de pétrole brut d’ici la fin de la décennie.
Si tel était le cas, cela représenterait environ 5 % ou plus de la production mondiale de brut, ce qui serait suffisant pour maintenir les prix du pétrole à un niveau bas plus longtemps, constituant un net soutien à la croissance mondiale et un frein à l’inflation.
Source : ETFWorld.fr
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