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Par Stephen Dover, Directeur du Franklin Templeton Institute chez Franklin Templeton
Les marchés ont immédiatement considéré cette annonce comme un recul du principal risque macroéconomique, celui d’un choc d’offre. En réaction, les prix du pétrole ont fortement reculé, tandis que les contrats à terme sur actions américaines ont progressé.
Que dit réellement le marché ?
Le marché est en train de résorber une prime de risque géopolitique : l’effet de premier ordre se traduit par une baisse des prix du pétrole, une atténuation des craintes inflationnistes et un recul de la probabilité d’un ralentissement de la croissance lié à l’énergie. Cette combinaison alimente la hausse des marchés actions et la baisse des prix du brut.
Cela est favorable au marché dans son ensemble à court terme : la baisse des coûts énergétiques réduit la pression sur les consommateurs et les marges des entreprises, bénéficiant en particulier aux secteurs des transports, des compagnies aériennes, de l’industrie et les valeurs de croissance les plus sensibles à l’évolution des taux. Cette évolution améliorerait à la fois les perspectives de bénéfices et le contexte inflationniste.
Le constat est celui d’une situation « moins négative », sans pour autant que le problème soit résolu. Le cessez-le-fe-feu reste temporaire et conditionné à la réouverture du détroit d’Ormuz et à sa capacité à rester ouvert. L’Iran présente cette situation comme une pause dans les négociations, et non comme une résolution.
En quoi cela est déterminant pour les marchés aujourd’hui
- Le pétrole a été le principal canal de transmission : l’impact macroéconomique du conflit s’exerce principalement via l’énergie et les flux commerciaux. Les perturbations ont affecté non seulement le pétrole brut, mais aussi le gaz naturel liquéfié (GNL), les engrais, l’hélium ainsi que les coûts de transport maritime. Si les prix du pétrole poursuivent leur baisse et que la logistique se normalise, les marchés pourraient commencer à résorber les risques de stagflation.
- Le contexte inflationniste s’améliore légèrement : un recul durable des prix du pétrole atténuerait, à la marge, les pressions inflationnistes à court terme. Cela ne modifie pas immédiatement les perspectives de politique monétaire de la Fed, mais réduit l’un des risques haussiers les plus évidents pour l’inflation américaine.
- La dynamique du marché devrait s’élargir si ce cessez-le-feu se maintient : une désescalade durable entraînerait probablement une rotation du leadership, des valeurs défensives et liées aux matières premières vers les valeurs cycliques et les valeurs de croissance les plus solides.
- Les dommages sont déjà là : les infrastructures énergétiques dans le Golfe ont été touchées, et le rétablissement complet des capacités de production prendra du temps. La normalisation de l’offre ne sera pas immédiate, ce qui signifie que les prix du pétrole, du gaz naturel et des engrais ne devraient pas retrouver à court terme leurs niveaux d’avant-conflit.
Quels sont les risques ?
- Le détroit d’Ormuz est le signal clé. L’essentiel ne réside pas dans l’annonce du cessez-le-feu, mais dans la normalisation des flux maritimes, des coûts d’assurance et des flux énergétiques. La confiance dans la sécurité des passages reste incertaine.
- Les prix du pétrole demeurent élevés. Malgré le recul observé, le Brent reste nettement au-dessus de son niveau d’avant-conflit, autour de 73 dollars, ce qui indique qu’une prime de risque géopolitique persiste.
- Un facteur chinois : l’atténuation du risque énergétique devrait stabiliser les perspectives de croissance de la Chine et les flux du commerce mondial à l’approche du sommet États-Unis–Chine prévu plus tard en mai, réduisant les risques macroéconomiques extrêmes et pouvant favoriser un ton plus constructif dans les négociations.
- La situation peut rapidement s’inverser. Toute violation du cessez-le-feu, toute nouvelle menace sur les infrastructures ou toute incapacité à rouvrir significativement le détroit d’Ormuz pourrait rapidement raviver les prix du pétrole et la volatilité macroéconomique.
Implications pour l’investissement
- À court terme, nous interprétons cette annonce comme un regain d’appétit pour le risque. Les marchés devraient réagir favorablement à l’atténuation des risques extrêmes à court terme.
- Nos recommandations de maintien d’une exposition large aux actions restent inchangées. Si la désescalade se confirme, les principaux bénéficiaires seraient les secteurs les plus pénalisés par la hausse des prix du pétrole.
- Il est encore trop tôt pour crier victoire. Le bon cadre d’analyse est celui d’un rebond de soulagement dans un premier temps, suivi potentiellement d’une revalorisation par la suite.
- Se concentrer sur les indicateurs en temps réel. Selon nous, les prix du pétrole brut, le trafic des pétroliers et les conditions de transport maritime seront plus révélateurs que les annonces politiques.
En résumé : le cessez-le-feu qui vient d’être annoncé est nettement favorable aux marchés, car il réduit directement le risque d’un choc d’inflation et de croissance alimenté par le pétrole. Toutefois, compte tenu de son caractère temporaire et conditionnel, il doit être interprété comme un ‘rebond de soulagement’ et non comme un signal définitif de normalisation. »
Source : ETFWorld.fr
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