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Conjoncture : La reprise fera t-elle sa rentrée?

Aux Etats-Unis, le PIB s’est contracté pour le quatrième trimestre consécutif, mais à un rythme bien moins prononcé que lors des deux trimestres précédents (-6,4% au T1 2009 et -5,4% au T4 2008). Les indicateurs clés : enquêtes ISM, commandes de biens durables et mises en chantier plaident pour un retour à la croissance…

Ainsi, l’indice PMI manufacturier a progressé de nouveau de manière sensible en juillet (septième hausse consécutive) atteignant 48,9 avec des composantes production et commandes dépassant 50 (50 étant le seuil qui sépare expansion et contraction). La production a augmenté en juillet (+1% par rapport au mois précédent) pour la première fois depuis octobre.

Pour autant, le retour à une croissance durable et soutenue de l’économie américaine sera graduel. Ainsi, seuls la consommation publique et le commerce extérieur ont contribué positivement à la croissance du PIB au deuxième trimestre. La demande interne est restée pour le moins déprimée (retirant 1,6 points à la croissance), la consommation reculant même de 1,2% ce trimestre en dépit de l’effet positif du plan de relance. L’emploi diminue, à un rythme certes plus modéré (247k postes ont été détruits en juillet, contre une moyenne de 557k au premier semestre). Les salaires baissent fortement et les conditions d’octroi de crédit continuent de se durcir pour les ménages, un contexte qui les incite à épargner.

Dans la zone euro, le recul du PIB au deuxième trimestre s’est limité à 0,1% après respectivement -2,5% et -1,8% les deux trimestres précédents. Les croissances française et allemande ont été estimées à 0,3%, signalant une sortie de récession des deux plus importantes économies de la zone. Tout d’abord, les disparités sont fortes au sein de la zone euro, avec des reculs du PIB de 0,5% en Italie, de 1% en Espagne et de 0.9% aux Pays-Bas. Ensuite, un certain nombre de mesures de soutien, comme la prime à la casse, ont joué un rôle important. En outre, la contribution positive du commerce extérieur net vient pour partie d’une baisse des importations. Enfin, la contribution des stocks a probablement été beaucoup moins négative (voire légèrement positive) au T2, après qu’ils aient largement pesé sur la croissance au cours des trimestres précédents.

Au total, la bonne surprise du T2 ne lève pas les incertitudes de moyen terme. Le chômage va continuer de progresser, alors qu’à 9,5% en juin, il était déjà au plus haut depuis dix ans. L’ajustement des bilans des agents économiques privés est loin d’être arrivé à son terme et les pressions concurrentielles liées à la morosité de la demande vont continuer à peser sur le « pricing power » (la capacité des entreprises à faire accepter le prix de ses produits par ses clients). Dans ces conditions, la BCE va maintenir ses taux d’intérêt à des niveaux très bas pendant une période prolongée, probablement jusqu’à fin 2010.

Au Japon après cinq trimestres de baisse, le PIB a renoué avec la croissance au deuxième trimestre (+0,9% par rapport au trimestre précédent). Ce bon résultat trouve sa source essentiellement dans un rebond des exportations.

La consommation privée a gagné 0,8%, soutenue par les chèques envoyés aux ménages par le gouvernement et les incitations en faveur des achats de voitures les moins polluantes. Les effets du paquet fiscal étant appelés à s’épuiser, la demande interne apparaît toujours trop faible pour être en mesure de prendre le relais de la demande étrangère et les perspectives économiques restent, par conséquent, toujours plutôt sombres.

En effet, les surcapacités de production importantes continueront à peser sur l’investissement et l’emploi. Le redressement devrait s’essouffler d’ici à la fin de l’année et l’activité stagner la majeure partie de 2010. Les indicateurs clés plaident pour un retour à la croissance. Le retour à une croissance durable et soutenue de l’économie américaine sera graduel.

Par Philippe d’Arvisenet, Directeur des Études économiques de BNP Paribas


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