Bitget : Le Bitcoin est tombé la semaine dernière à environ 90 000 USD, soit une baisse d’environ 13 %. Cela a provoqué une forte attention sur le marché, notamment parce que plus de 100 millions USD de positions longues ont été liquidées, entraînant des fluctuations rapides des prix.
Inscrivez-vous pour recevoir les Newsletters gratuites de ETFWorld.fr
Par Gracy Chen, directeur général chez Bitget
Cette baisse n’est pas le signe d’un renversement de tendance fondamental à long terme, mais plutôt une correction motivée par la liquidité : même de petits ordres d’achat ou de vente peuvent actuellement provoquer de fortes variations de prix – un phénomène classique de trou de liquidité.
Microstructure : le trou de liquidité
De nombreux grands market makers ont récemment réduit leur exposition, ce qui a considérablement diminué la profondeur des carnets d’ordres. Cela signifie que même de petits ordres de vente peuvent franchir plusieurs niveaux de prix et que des zones de support importantes peuvent céder avec un faible volume de transactions. Le Bitcoin est ainsi passé, pour la première fois de ce cycle, en dessous de la moyenne mobile à 200 jours ainsi que de celle à 360 jours. L’indice de force relative (RSI) se situe autour de 33, s’approchant d’une zone de survente, sans toutefois donner de signal clair de retournement. Cela indique un environnement de « pas d’ordres d’achat » plutôt que de « forte pression vendeuse ». Cette fragilité du marché correspond à l’observation que des lacunes dans les bilans des market makers ont conduit à des carnets d’ordres plats, amplifiant ainsi l’impact des prix et la volatilité.
Contexte macroéconomique : le focus sur la liquidité américaine
Aujourd’hui, le Bitcoin est davantage influencé par la liquidité américaine que par le sentiment des investisseurs. L’environnement de liquidité interne aux États-Unis est actuellement très restrictif : la Fed retire de l’argent du système (quantitative tightening), les rendements restent élevés et des baisses de taux prévues sont pour l’instant écartées. De plus, le shutdown gouvernemental a bloqué les flux entrants sur le Treasury General Account (TGA), limitant ainsi les injections fiscales de liquidités. La lutte pour le haut de la fourchette de prix n’est donc pas un échec des narratives, mais une conséquence directe du manque de liquidité en dollars.
Flux de capitaux : prudence et rotation
Les données sur les flux de capitaux confirment cette prudence : les ETF Bitcoin spot, considérés comme l’indicateur le plus fiable de l’appétit pour le risque des investisseurs institutionnels américains, enregistrent des sorties continues, récemment entre 800 et 900 millions USD par jour. Parallèlement, le capital se dirige vers d’autres secteurs de croissance, tels que l’intelligence artificielle (IA) et les semi-conducteurs. Dans un environnement de liquidité limitée, le capital est naturellement orienté vers l’actif présentant le bêta le plus élevé – cette année, il s’agit clairement de l’IA, et non de la crypto. Il ne s’agit pas d’un abandon, mais d’une rotation dans un contexte de faible liquidité.
La prochaine reprise : attendre la prochaine expansion de liquidité
À court terme, la combinaison d’une profondeur réduite des market makers et d’une liquidité restreinte en dollars américains continuera d’amplifier la volatilité et les corrections du marché. À moyen et long terme, l’évolution du Bitcoin dépendra d’un facteur macroéconomique clé : l’éventuelle mise en place d’un quantitative easing (QE) aux États-Unis. Compte tenu de la hausse de la dette publique américaine, de l’augmentation des dépenses fiscales, de la dynamique tendue entre offre et demande sur les obligations d’État et des incitations politiques potentielles, un retour au QE semble de plus en plus inévitable. Seul le calendrier reste incertain.
Un signal technique pour une éventuelle reprise serait que le Bitcoin retrouve la zone des 102 000 à 103 000 USD, correspondant à la moyenne mobile sur 360 jours. Toutefois, cela serait davantage la conséquence d’une amélioration des conditions macroéconomiques que la cause réelle d’un rallye durable. Avant le début de cette expansion décisive de liquidité, il est conseillé aux participants de privilégier le contrôle des positions et un effet de levier réduit par rapport aux paris directionnels agressifs, dans un marché marqué par une faible profondeur et une sensibilité élevée aux moindres mouvements.
Source : ETFWorld.fr
Newsletter



