AllianzGI : Commentaires en amont de la réunion de la Fed des 27-28 janvier
Inscrivez-vous pour recevoir les Newsletters gratuites de ETFWorld.fr
Par Michael Krautzberger, Global CIO Fixed Income chez AllianzGI
- Nous anticipons que le FOMC maintiendra les taux directeurs inchangés lors de la prochaine réunion, pour des raisons à la fois économiques et institutionnelles.
- Cela laisserait la fourchette cible des fonds fédéraux à 3,50 % – 3,75 %, conformément aux anticipations de marché et aux prévisions consensuelles.
- La décision devrait bénéficier d’un large soutien de l’ensemble des membres votants, à l’exception de l’élément le plus accommodant, le gouverneur Stephen Miran.
- En l’absence de mise à jour du Summary of Economic Projections (SEP) ou du dot plot, l’attention se portera sur la fermeté avec laquelle le président Powell répondra aux récentes remises en cause exécutives de l’autonomie de la Réserve fédérale.
- Une politique américaine favorable à la croissance, des préoccupations budgétaires persistantes et l’érosion progressive de l’indépendance de la Fed devraient entraîner une hausse des primes de terme et, par conséquent, des rendements plus élevés sur les obligations du Trésor américain de maturité longue jusqu’en 2026. Dans ce contexte macroéconomique et politique, nous continuons de privilégier une sous-pondération du segment long de la courbe des taux américaine ainsi qu’un biais vendeur sur le dollar américain face à un panier de devises du G10.
Aucune urgence économique à poursuivre l’assouplissement en janvier
À la suite de la baisse de taux à tonalité restrictive opérée en décembre et d’un assouplissement cumulé de 75 points de base sur les trois dernières réunions, le FOMC devrait adopter une posture attentiste. Les données macroéconomiques récentes — notamment une croissance du PIB au T3 supérieure aux attentes et une baisse du taux de chômage en décembre — témoignent d’un environnement économique toujours robuste.
Si l’inflation sous-jacente CPI s’est modérée au dernier trimestre de l’an dernier, l’inflation sous-jacente PCE, indicateur privilégié par la Fed, s’établissait encore à un niveau élevé de 2,8 % en glissement annuel en novembre. Les distorsions liées à la fermeture de l’administration continuent toutefois de brouiller la lecture de la trajectoire inflationniste sous-jacente.
Les responsables monétaires se sont montrés plus optimistes quant aux perspectives économiques à moyen terme dans le SEP de décembre. D’importantes révisions à la hausse des prévisions médianes de croissance du PIB, associées à des ajustements modestes à la baisse du chômage et de l’inflation, traduisent une confiance croissante dans un scénario « Goldilocks » porté par l’IA et les gains de productivité. Même dans cet environnement plus favorable, la trajectoire médiane des taux directeurs suggérée par le dot plot continuait d’indiquer des baisses de 25 points de base en 2026 et 2027, dans un contexte de dispersion marquée des opinions.
Malgré des risques baissiers persistants sur le marché du travail, la combinaison de données macroéconomiques solides, de l’optimisme fondamental des décideurs et d’une inflation toujours supérieure à la cible plaide en faveur d’une pause en janvier. Le FOMC considérant que l’orientation actuelle de la politique monétaire se situe « dans une fourchette d’estimations plausibles du taux neutre », et les conditions financières étant déjà favorables à la croissance, le président Powell devrait s’abstenir de signaler de nouvelles baisses de taux à court terme, tout en laissant ouverte la possibilité d’un assouplissement supplémentaire si le scénario macroéconomique favorable de la Fed venait à se concrétiser.
Une attaque frontale contre l’autonomie de la Fed ferme la voie à un assouplissement plus proactif
L’administration a fait monter les tensions avec la Fed jusqu’à une confrontation juridique, après que le Department of Justice (DOJ) a assigné la Fed à comparaître, faisant peser le risque d’une mise en accusation pénale liée au témoignage du président Powell devant le Sénat en juin dernier, concernant le projet de rénovation du siège. Cette escalade, qui menace l’indépendance et la crédibilité de la banque centrale, pourrait inciter les responsables monétaires à resserrer les rangs et afficher leur unité, tout en se montrant moins enclins à poursuivre les baisses de taux en l’absence de signes manifestes de faiblesse économique. Les incertitudes entourant la nomination du prochain président de la Fed, ainsi que la possible révocation de la gouverneure Cook, renforcent ce climat d’incertitude.
Les implications de politique monétaire pour les marchés financiers pourraient être de plus en plus dictées par la politique plutôt que par l’économie.
Alors même que le passage de la Fed d’un cycle de « baisses d’assurance » déjà favorable à un récit Goldilocks plus porteur continue d’offrir un environnement fondamental constructif pour les marchés financiers, ce contexte reste éclipsé par la politisation croissante de la politique monétaire dans les mois à venir. À court terme, les commentaires de Powell sur ce sujet lors de la conférence de presse pourraient avoir davantage d’impact sur les marchés que la décision de taux elle-même, notamment toute indication laissant entendre qu’il pourrait rester membre du Conseil des gouverneurs jusqu’en 2028, y compris après la fin de son mandat de président en mai. Une décision attendue de statu quo est, en elle-même, peu susceptible de provoquer des réactions de marché significatives. Dans notre scénario central de croissance raisonnable et d’inflation plus persistante qu’anticipé par le consensus et la Réserve fédérale, nous continuons d’anticiper une dernière baisse de taux pour ce cycle au deuxième trimestre, conduisant à un taux terminal légèrement supérieur à celui actuellement intégré par les marchés monétaires.
Source : ETFWorld
Newsletter



