SPDR Strategy Espresso : Dans un contexte de difficultés persistantes pour l’univers obligataire, envisager des stratégies plus larges présentant des risques plus diversifiés peut constituer une option intéressante.
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SPDR / Strategy Espresso
Antoine Lesné, Responsable de la Recherche et de la Stratégie de SPDR
Une situation compliquée
L’environnement reste difficile pour les investisseurs obligataires. L’espoir d’avoir atteint un pic des taux début mai s’est avéré de courte durée, le taux US à 10 ans ayant ensuite atteint de nouveaux sommets. La persistance d’une inflation élevée continue de faire craindre que le resserrement des banques centrales reste agressif.
Toutefois, le discours a évolué : les marchés estiment désormais qu’un des risques saillants serait que les banques centrales tentent de trop juguler l’inflation, faisant ainsi basculer l’économie mondiale dans la récession. Cette « double menace », à savoirla hausse des rendements sous–jacents et l’élargissement des spreads de crédit corollaire des craintes liées à la croissance, a généré des performances particulièrement médiocres pour les stratégies obligataires Aggregate. L’indice Bloomberg Aggregate enregistre un recul de de 14,3 % depuis le début de l’année1 .
Prendre le virage au bon moment
Le grand enjeu pour les investisseurs obligataires, alors qu’ils se positionnent pour le troisième trimestre, consiste à déterminer si nous sommes finalement arrivés à un plus haut dans les rendements. On peut d’ores et déjà remarquer que le taux à 5 ans forward 5 ans des bons du Trésor américain est de retour dans la fourchette observée en 2018, alors que la Réserve fédérale américaine procédait au resserrement de sa politique monétaire. Les anticipations autour des hausses de taux à plus long terme
tablent donc désormais sur des hausses qui resteraient somme toute raisonnables.

Sur la partie courte de la courbe, certains signes indiquent également que le marché a atteint un stade où il estime qu’un nouveau resserrement de la politique monétaire, au–delà de ce qui est déjà anticipé par les marchés, précipitera le risque d’une récession encore plus grande.
Le graphique 1 montre les taux d’intérêt à un mois dans un an, qui servent souvent de marqueur quant à l’ampleur du resserrement de la politique monétaire que le marché estime nécessaire au cours des 12 prochains mois. Le pic atteint mi–juin a été suivi d’une baisse décisive. C’est aussi le cas pour les marchés monétaires de la zone euro, où la BCE n’a pas encore procédé à un relèvement de taux. Cela indique que le marché s’efforce d’évaluer une trajectoire encore plus agressive pour les hausses de taux, ce qui devrait permettre de limiter les rendements à court terme jusqu’à ce que l’évolution de l’économie soit plus claire.
Les interrogations tourneront également autour du degré de risque de crédit que les investisseurs souhaitent vouloir prendre. Les obligations High Yield US, qui délivrent plus de 8,5 %, peuvent être attractives mais ne performeront pas si nous entrons en récession dans les 12 mois à venir.
Comme l’illustre le « head fake » du mois de mai sur les obligations, il est difficile de prévoir le retournement des marchés. Cependant, élargir son panier d’obligations, en répliquant en portefeuille des stratégies telles que le Global Aggregate, peut s’avérer être un moyen efficace de saisir le retournement lorsqu’il arrivera.
Nous identifions trois éléments clés à prendre en compte pour les investisseurs qui s’intéressaient aux obligations Global Aggregate :
• Un point d’entrée ? Le Global Aggregate s’est négocié à un niveau sans précédent (cf. graphe 2), la performance sur 12 mois affichant une baisse encore plus importante qu’au moment de la crise financière mondiale (GFC) en 2008. Pour les investisseurs qui croient en la tendance du marché à s’inverser, il existe donc un réel potentiel de hausse sur la classe d’actifs.
• Jouer la diversité : la diversité géographique de l’exposition devrait apporter une certaine stabilité, le Japon (12,6 %) et la Chine (9,1 %) étant nettement plus stables que les marchés obligataires américains ou européens.
• Ne pas avoir à s’inquiéter du timing : la diversité des profils d’obligations au sein des indices Global Aggregate devrait atténuer la nécessité d’un timing précis pour toute fluctuation de la dynamique du marché. A titre d’exemple, si l’économie mondiale ralentit rapidement, tout élargissement des spreads de crédit devrait être compensé par le recul général des rendements des bons au Trésor, qui représentent 60 % de l’indice. Comme le montre le graphe 2, les rendements de l’indice sur 12 mois (ligne vert foncé) sont souvent plus élevés en période de croissance ralentie (flèches vert clair). Sur les quatre récessions américaines depuis 1990 (détaillées dans les encadrés), les rendements du Global Aggregate ont augmenté, dans tous les cas, de plus de 5 % pendant le ralentissement de la croissance (à l’exception de la crise financière mondiale durant laquelle l’accélération des rendements n’a vraiment coïncidé qu’avec le creux de croissance).

Comment jouer ce thème ?
Les marchés semblent désormais moins croire à une hausse des rendements des taux longs, redoutant que ce qui est déjà pris en compte dans la courbe soit suffisant pour provoquer un ralentissement important de la croissance économique. Cela dit, comme nous l’avons déjà indiqué en mai, il est toujours difficile de prévoir le moment exact de retournement des taux.
L’une des pistes potentielles pour les investisseurs consisterait à envisager des stratégies plus larges présentant ainsi des risques plus diversifiés. Les obligations Global Aggregate ont généralement affiché des performances positives pendant lesVpériodes de ralentissement de la croissance économique, mais elles pourraient également s’avérer moins vulnérables à un mouvement de sell–off si la croissance reste ferme, car les spreads de crédit devraient alors se resserrer. Après avoir subi quelques décrochages assez importants au cours du premier semestre 2022, un rebond de la classe d’actifs n’est pas à exclure.
Les investisseurs européens intéressés par une approche Global Aggregate mais soucieux de la solidité de l’USD devraient envisager des expositions couvertes en EUR, GBP ou CHF.
ETF SPDR® Bloomberg Global Aggregate Bond UCITS
ETF SPDR® Bloomberg Global Aggregate Bond CHF Hdg UCITS (Acc)
ETF SPDR® Bloomberg Global Aggregate Bond EUR Hdg UCITS (Dist)
ETF SPDR® Bloomberg Global Aggregate Bond GBP Hdg UCITS (Dist)
ETF SPDR® Bloomberg Global Aggregate Bond USD Hdg UCITS (Acc)
ETF SPDR® Bloomberg Global Aggregate Bond USD Hdg UCITS (Dist)
1 Source Bloomberg Finance L.P., au 22 juin 2022.
Source: ETFWordl.fr
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