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SPDR Strategy Espresso: Privilégier les maturités courtes pour se prémunir de la hausse des taux

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SPDR Strategy Espresso : Les marchés anticipent un resserrement de la politique des banques centrales, mais tant que l’inflation ne se stabilisera pas, il sera impossible de savoir si les taux ont atteint leur plus haut.

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SPDR / Strategy Espresso


Antoine Lesné, Responsable de la Recherche et de la Stratégie de SPDR


La croissance européenne étant plus vulnérable aux prix élevés de l’énergie, nous pensons que les stratégies d’investissement Short Term Euro peuvent être intéressantes afin de se prémunir de la hausse des taux. Les investisseurs peuvent également envisager une approche ESG pour cette exposition. Le filtrage ESG et l’optimisation de l’indice peuvent en effet améliorer la performance et ce, même pendant les périodes difficiles, comme nous avons pu le voir au premier trimestre 2022.

En Europe, jouer la sécurité avant tout

L’inflation atteint des niveaux historiquement élevés et de nombreuses banques centrales semblent être « en retard » sur leur politique. Elles sont sous pression pour commencer à normaliser les taux d’intérêt. La Banque centrale européenne (BCE) n’a pas encore entamé son processus de normalisation et les marchés s’attendent à ce que la BCE relève ses taux de manière agressive, comme ont déjà pu le faire la Réserve fédérale américaine (Fed) et la Banque d’Angleterre (BoE). Les forwards ESTR anticipent 75 points de base de hausse des taux d’ici à la fin de 2022 et 130 points de base au cours des 12 prochains mois 1 .

Si d’un côté, il existe nombre d’arguments pour sortir les taux directeurs du territoire négatif dans lequel ils évoluent depuis un bon moment, il pourrait toutefois s’avérer difficile pour la BCE de se lancer dans un cycle de resserrement politique agressif pour plusieurs raisons :

Un positionnement institutionnellement « dovish » : depuis « l’erreur de politique » de 2011, la BCE a péché par excès de prudence en maintenant ses taux en territoire négatif depuis 2014. Alors que la Fed et la BoE étaient toutes deux engagées dans un cycle de resserrement politique dès 2017, la BCE a maintenu ses taux stables même si l’IPC avait atteint des niveaux conformes à son objectif, et que l’indicateur du sentiment économique (ESI) de l’UE atteignait son plus haut niveau depuis 2000.

La fin d’une ère d’achats d’obligations : depuis 2015, la BCE n’a de cesser d’acheter des obligations d’État. Selon les derniers signaux émis par la BCE, ces achats cesseront au début du mois de juillet 2022. Cela s’avère déjà être un choc pour le système, avec des rendements en hausse et des spreads corepériphérie qui explosent. La BCE a en fait intensifié son programme d’achat de titres du secteur public (PSPP, Public sector purchase program) au cours des dernières semaines, en partie en raison de l’abandon progressif du programme d’achat d’urgence face à la pandémie (the Pandemic Purchase), mais aussi pour contrecarrer les mouvements du marché. La hausse des rendements souverains est venue resserrer les conditions monétaires dans la zone euro.

Des risques pesant sur la croissance : l’inflation est peutêtre l’objectif cible de la BCE, mais cette dernière est aussi pleinement consciente qu’une grande partie de la hausse de l’Indice des Prix à la Consommation (IPC) est due aux prix de l’énergie. Ceuxci, ainsi que d’autres éléments de l’inflation liés à la hausse généralisée des coûts mondiaux, ne pourront pas simplement être contrôlés par la gestion de la demande globale dans l’économie. Dans les faits, c’est plutôt la hausse des prix de l’énergie et la diminution de la disponibilité de certaines ressources qui auront pour effet de réduire la demande. Et la faiblesse des chiffres ressortant des enquêtes sur la confiance économique des entreprises et des consommateurs suggère qu’il existe des risques sur la croissance, ce qui pourrait être de nature à inquiéter la BCE.

En résumé, le marché table désormais sur un resserrement considérable des taux mais il se peut que la BCE ne choisisse pas cette option. L’absence de rendement a été l’un des principaux facteurs qui a dissuadé les investisseurs d’investir sur la partie courte de la courbe en zone euro : malgré le mouvement de selloff sur le marché obligataire, l’obligation d’État allemande à deux ans ne rapporte encore que légèrement audessus de 10 points de base.

Une façon d’améliorer le rendement courant en portefeuille serait de se concentrer sur le crédit Investment Grade. Le yieldtoworst de l’indice Bloomberg EUR Corporate 03 Year est en effet supérieur à 95 points de base, son plus haut niveau depuis la mi2014 si l’on ne tient pas compte du pic lié au Covid en 2020. Les spreads par rapport aux obligations d’État ont atteint leur niveau le plus élevé depuis le premier trimestre 2013 (là encore, si l’on ne tient pas compte du pic de 2020) et ceci, malgré le fait que l’arrêt des achats de la BCE sera plus dommageable aux obligations d’État qu’aux obligations d’entreprise (étant donné les montants relatifs achetés) et que les données suggèrent qu’un ralentissement économique significatif est déjà pricé par lemarchés. Les signes de tensions financières sont limités jusqu’à présent, le ratio upgrades/downgrades dans les notations attribuées par Moody’s étant retombé à 0,56 au premier trimestre 2022, avant de rebondir à 1,67 au deuxième trimestre à cette date. Pour S&P, le ratio est resté largement supérieur à 2 au cours de ces deux trimestres.

L’ESG a toujours le vent en poupe

Pour ceux qui envisagent de revenir à des expositions de type Investment Grade, il est peutêtre temps d’envisager l’ESG. En 2021, 13 des 14 ETFs crédit UCITS lancés sur le marché intégraient une forme de sélection ESG2 . La montée en puissance de l’ESG a été remise en cause en début d’année par l’invasion de l’Ukraine, qui a entraîné une surperformance des secteurs de l’énergie et de la défense, généralement peu compatibles avec les filtres ESG. Cependant, il existe différentes approches de l’ESG.

L’approche de State Street Global Advisors sur les ETFs obligataires consiste à créer, en collaboration avec Bloomberg, une série d’indices qui répliquent les caractéristiques des indices de référence traditionnels non ESG. Ainsi, ces expositions peuvent être utilisées pour les positions core, tout en améliorant la notation ESG du portefeuille. Le filtrage puis l’optimisation de l’indice, à la fois pour maximiser le score ESG et pour rapprocher les caractéristiques de celles de l’indice parent, ont également contribué à la performance. L’indice Bloomberg SASB Euro Corporate 03 Year ESG Ex Controversies Select (l’indice sur lequel repose notre nouveau fonds ESG short term) a surperformé l’indice Bloomberg EUR Corporate 03 Year de 14 points de base depuis le début de l’année 3 , malgré un contexte peu favorable aux enjeux portés par l’ESG.

Comment se positionner sur ce thème ?

Les investisseurs souhaitant se positionner sur la thématique Euro corporate ESG 03 ans peuvent le faire avec les ETFs SPDR.

ETF SPDR Bloomberg SASB 03 Year Euro Corporate ESG UCITS

SPPS : SPDR® Bloomberg SASB 03 Year Euro Corporate ESG UCITS ETF (Acc)

1 Contrats à terme sur l’Euro Short Term. Source : Bloomberg Finance L.P. au 28 avril 2022.

2 Source : Morningstar au 31 décembre 2021.

3 Source : Bloomberg Finance L.P. au 27 avril 2022.

Source: ETFWordl.fr


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