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Point de vue d’expert: La récession va-t-elle réduire les inégalités ?

Depuis la fin des années 1970, le fossé entre les riches et les pauvres s’est fortement creusé. Aux États-Unis, un peu plus de 45 % de la rémunération totale du….

travail allait dans les poches des 10 % de riches en 2006, soit une augmentation de 33 % par rapport à 1980. Même si une tendance similaire a pu être observée dans un certain nombre de pays de l’OCDE (et dans plusieurs pays émergents), l’accroissement des inégalités est plus prononcée aux États-Unis. Avec la crise, les ménages aisés voient la valeur de leurs actifs s’effondrer, tandis que les ménages les plus pauvres sont davantage pénalisés par la perte d’emplois. Toutefois, la récession pourrait finir par favoriser une plus grande égalité dans les années à venir.

Origines des inégalités. Les inégalités de revenus aux Etats-Unis ont fortement évolué au cours du temps. Elles ont augmenté jusqu’à la Grande Dépression et sont restées élevées jusqu’à ce que la Seconde Guerre mondiale éclate. Elles se sont ensuite stabilisées au cours des années 1950, 1960 et 1970 et n’ont recommencé à s’accroître qu’au début des années 1980, pour continuer sur leur lancée dans les années 1990 et 2000. Plusieurs facteurs semblent expliquer cette évolution récente.Etats-Unis – Revenus du décile supérieur

Technologies de l’information : de nouvelles technologies ont créé de nouvelles exigences en termes de compétences,au profit des salariés les plus diplômés. Ainsi, les inégalités découlent d’un décalage entre l’offre et la demande, l’offre en travailleurs qualifiés étant inférieure à la demande d’un côté tandis qu’un excédent de travailleurs non-qualifiés est visible de l’autre côté.

Mondialisation : les importations de marchandises bon marché produites par des travailleurs peu qualifiés dans des pays émergents ont pénalisé les travailleurs américains produisant des marchandises similaires à un coût plus élevé.

Immigration : certains observateurs affirment que les travailleurs américains peu qualifiés auraient également pâtit d’une concurrence accrue de la part des immigrants, parfois disposés à accepter le même travail pour un salaire inférieur.

Un faible taux de syndicalisation : aux États-Unis, la syndicalisation a chuté fortement depuis son apogée dans les
années 1950, passant de 33 % des actifs à près de 12 % aujourd’hui. Cette situation s’explique partiellement par la diminution des emplois dans le secteur manufacturier (traditionnellement le plus syndicalisé) et par une baisse des affiliations syndicales (même dans le secteur manufacturier).

Récession et inégalités. L’effondrement de la valeur des actifs (aussi bien réels que financiers) a pénalisé la richesse des ménages américains et, sur ce plan, les pauvres, généralement locataires, souffrent moins. Toutefois, en termes de perte d’emploi, ce sont les travailleurs les moins qualifiés qui sont les plus touchés. D’après les données récentes, le nombre de personnes sans emploi n’ayant pas terminé le secondaire a atteint 12,6 % en février, contre selement 8,6 % l’année dernière. Pour les titulaires d’un diplôme universitaire, le taux de chômage est passé de 2,1 % à 4,1 %. De plus, les travailleurs peu qualifiés occupent le plus souvent des postes dans les secteurs les plus volatils. Le taux de chômage du secteur de la construction est désormais de 21,4 % contre 11,4 % l’année dernière. Alors que tous n’étaient pas logés à la même enseigne, ce sont les moins bien lotis qui ont été les premiers affectés. Au-delà de la récession Toutefois, au-delà de la crise, on peut s’attendre à une plus grande égalité des revenus et ce pour plusieurs raisons.

Relance : pour financer les plans de relance, il faudra nécessairement augmenter les impôts ou réduire les dépenses.
L’administration américaine semble pencher pour une augmentation des impôts des ménages aisés.

Le poids de l’inflation : à plusieurs reprises, nous avons affirmé que la prochaine reprise économique entraînerait des pressions inflationnistes. L’inflation non anticipée joue le rôle d’impôt pour les détenteurs d’actifs et de « subvention » pour les emprunteurs (en cas de prêts à taux nominaux fixes). L’inflation profiterait alors aux personnes les plus endettées (généralement les pauvres) et aux finances publiques.

Un endettement plus faible : le durcissement attendu de la régulation impliquera probablement une réduction de l’effet de levier au sein de l’économie et une baisse de la rentabilité des actions (toutes choses étant égales par ailleurs). La rémunération des dirigeants, étant liée à la performance des actions, a de fortes chances d’accuser une baisse structurelle, sans compter les pressions actuelles de l’opinion publique.

Éducation : les points précédents portent principalement sur la redistribution des revenus. Un moyen de faire monter le niveau général des revenus reste l’éducation. C’est un des objectifs de la nouvelle administration, mais nous émettons quelques réserves quant à une amélioration dans ce domaine. La récession devrait toucher davantage les pauvres, mais à terme, les inégalités pourraient se réduire. Pour les détenteurs d’actions, c’est peut être là le signe de difficultés à venir.

Source: SGAM ETF Newsletter – Michala Marcussen


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